jeudi 17 mai 2018

Londres la ténébreuse, tome 1 : La fugitive de Whitechapel - Bec McMaster

Présentation de l'éditeur (j'ai lu) - Fantastique/fantasy
Traduction : Tiphaine Scheuer

Sans le sou, en charge de ses petits frères et soeurs, Honoria Todd s’installe à Whitechapel, où elle espère échapper au terrible lord Vickers. Mais dans cet obscur quartier de Londres, où peu de personnes se risquent, les bandits règnent en maîtres. Et trouver refuge en ce lieu pourrait tout aussi bien jeter Honoria entre les mains du légendaire et redoutable Blade. Ce sang bleu renégat est l’ennemi juré de Vickers. Quand Blade propose justement à Honoria un marché, cette dernière accepte, en échange de sa protection. Mais à ses yeux, est-elle un instrument de vengeance contre Vickers ou sa seule chance de rédemption ?




Quelle bonne surprise ce roman ! Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, et je suis toujours un peu méfiante quant aux histoires de vampires, ayant peur de relire une énième version de ce mythe très prisé, repris et re-repris ... Mais là, le moment s'y prêtant bien j'ai vraiment apprécié cette lecture et je pense continuer la série, il y a quatre suites à ce jour, cela laisse donc le temps de bien connaître cette communauté de créatures !

Nous évoluerons dans un "London Steampunkien" dont je raffole ! un savant mélange d'époque victorienne et de modernisme à la jules Verne. Un décor qui invite à la rêverie, mais aussi à l'enfer avec des gangs de rue qui vous trucident pour un rien ou pour avoir le plaisir de goûter à la saveur de votre sang ! Oui... sang ... vous avez bien entendu ... car l'histoire nous apprend qu'un terrible virus a décimé notre humanité, une partie est restée saine, une autre est dans une période transitoire : les sangs bleus avec en dernière phase une transformation en vampire complètement déshumanisé,  une abomination cruelle et, elle, sans aucun charme. 

C’est ainsi que nous découvrons Honoria, installée depuis peu avec son frère et sa soeur dans un bouge de Whitechapel au confort succinct. Son jeune frère commence à présenter les symptômes graves du virus qui transforme les humains en sang bleu, elle va donc finir par chercher de l'aide auprès d'eux. Blade sera son recours et deviendra vite son protecteur contre certaines injustices au sein même de l'Echelon, cet ordre au grand pouvoir qui régit avec autorité les sangs bleus. Mais, je n'en dis pas plus pour vous laisser apprécier l'originalité et les pouvoirs de ces créatures charismatiques qui résistent à la transformation finale en cherchant des solutions ... et si j'ajoute qu'Honoria est la fille d'un professeur qui travaillait sur un antidote ... Mais chut... j'espère en avoir assez dit pour vous mettre le sang l'eau à la bouche et vous décider à chasser du vampire !

Un récit avec des dialogues vivants qui rendent cette aventure trépidante, et même si le style est assez simple, il emporte le lecteur, le baladant dans les rues glauques d’un Londres mystérieux et dangereux, puis dans les beaux quartiers, chargeant de détails érotiques certaines scènes et de suspens, certaines bagarres. Bref, on ne s’ennuie pas une minute car l’auteure alterne les émotions avec maîtrise et nous plonge avec plaisir dans cette romance où le charme des créatures de la nuit opère toujours … Complot politique, trahison, combats entre bandes rivales, course poursuite, peur, pitié, courage, amitié, amour ... Tout y passe, et chacun pourra y trouver son plaisir et son intérêt.

Les personnages ne sont pas en reste avec une belle galerie de créatures, à commencer par Honoria, notre attachante héroïne, elle incarne la fille-mère protectrice des siens et amante enflammée même si elle est un peu trop vite soumise à mon goût, mais enfin ... comment lutter contre le charisme de Blade, un sang bleu détonnant contre qui elle s'abandonne après l'avoir méprisé. Ce dernier est un être torturé par ce que sa nouvelle vie lui impose, et malgré ses façons cavalières, on sent aussi sa docilité et sa droiture. Leur différence est un point fort et fait que le couple fonctionne à merveille, il va gagner sa confiance, notre confiance, et peu à peu nous donner une autre opinion de ces pauvres ères.  De beaux portraits avec Will,  Lena et le petit Charlie ou encore le diabolique Vickers ! Voilà, je vous laisse savourer, vous m'en direz des nouvelles !



samedi 12 mai 2018

Tour de livres .... nouvelle rubrique #1

Une nouvelle rubrique pour vous parler rapidement de mes lectures ...Quelques mots ... des impressions ...


Parfois le temps passe et les chroniques restent sur un coin de table ou de papier sans réussir à trouver le chemin du blog, je sais que vous comprendrez la flemme qui nous anime et qui va et vient de temps en temps.

Alors voici mon petit palliatif ....






 

Quelques mots sur les livres lus dans le cadre du comité polar de ma médiathèque

 

Le pitch : Une femme a disparu. Sa voiture est retrouvée au départ d'un sentier de randonnée qui fait l'ascension vers le plateau où survivent quelques fermes habitées par des hommes seuls. Alors que les gendarmes n'ont aucune piste et que l'hiver impose sa loi, plusieurs personnes se savent pourtant liées à cette disparition. Tour à tour, femmes et hommes prennent la parole et chacun a son secret, presque aussi précieux que sa vie.


Le comité polar m'aura fait découvrir plusieurs romans policiers cette année dont la particularité est dans la conception même du roman. Celui ci n'échappe pas à la règle, ainsi chaque protagoniste expose son angle de vue sur un moment donné. La "choralité" (le mot n'existe probablement pas) est chose de plus en plus courante et le filon commence à perdre de son impact. Mais je dois dire que l'affaire assez simple de ce roman gagne vraiment à être exploité par ce procédé littéraire, ici parfaitement maitrisé. Je rajouterai que le deuxième point fort est l'atmosphère rendue et la présence de la nature et du travail de la ferme. On est imprégné de cette ambiance chaude, lourde et qui marque la campagne et renforce les ressentis classiques du terroir, on y rencontre des personnages rustres et tourmentés par la solitude et une certaine tristesse contenue. Un bon roman qui se lit vite, et qui dégage beaucoup de tristesse, de noirceur et une certaine mélancolie. A découvrir !
 


 
Le pitch : Qui perd gagne.
Stockholm, un jour de septembre. Une petite fille de sept ans, nue et recouverte de sang, braque une banque du centre de la ville avec pour seules armes un ours en peluche et un magnétophone. La fillette disparaît ensuite avec l'argent.
La trouble et manipulatrice Leona Lindberg s'arrange pour récupérer l'affaire avant ses confrères de la police judiciaire. Christer Skoog, lui, est journaliste. Il dispose d'embarrassantes informations au sujet de Leona ; des informations qu'il est prêt à taire si cette dernière accepte de l'aider à résoudre une enquête qui l'obsède depuis des années...

ATTENTION NE PAS LIRE SI VOUS SOUHAITEZ LE DECOUVRIR

Ce ne sera pas le policier du siècle, mais j'avoue que j'ai été bluffé par le postulat de départ, je l'ai senti venir mais je n'y croyais pas... et si ... pour une fois c'est au coeur même de la police, que se trouve le braqueur, et c'est même l'inspectrice que nous suivons qui va nous raconter sa propre histoire. Je dois dire que l'auteur ... 

Tiens d'ailleurs, regardez cette magnifique éthiopienne suédoise !
en effet, née en Éthiopie, Jenny Rogneby a été adoptée en Suède à l'âge d'un an. Elle a travaillé pendant sept ans dans la police, à Stockholm, comme criminologue, avant de se lancer dans l’écriture de ce premier roman

... sait de quoi elle parle, et cela rend toujours les lectures plus attrayantes de savoir que la personne qui écrit connait bien l'univers dont elle exploite la matière, cela donne une consistance plus crédible à une enquête. Ce livre nous présente une femme flic qui reste, bien qu'assez froide et peu attachante, très humaine dans ses réactions, et en cela l'histoire est passionnante car on appréciera les réactions en chaîne de quelqu'un qui est pris dans un engrenage inextricable. Et on tourne vite les pages pour connaître le fin mot ! un bon roman également que je n'aurai sans doute pas lu sans ce comité, donc ne pas hésiter parfois à sortir  des sentiers battus !




Le pitch : « Partout, les monstres sont chez eux… »

Vincent Dussart est sûr de son coup.
Ce break imposé par sa femme va prendre fin aujourd’hui. Il n’a rien laissé au hasard. Comme toujours.

Confiant, il pénètre dans la maison de son épouse. Le silence l’accueille. Il monte les escaliers. Puis un cri déchire l’espace. Ce hurlement, c’est le sien. Branle-bas de combat à la DIPJ de Lille. Un mari en état de choc, une épouse assassinée et leur bébé de quelques mois, introuvable. Les heures qui suivent cette disparition sont cruciales. Le chef de groupe Lazaret et le capitaine Mathilde Sénéchal le savent.

Malgré ses propres fêlures, ou peut-être à cause d’elles, Sénéchal n’est jamais aussi brillante que sous la pression de l’urgence. Son équipe s’attend à tout, surtout au pire. À des milliers de kilomètres, un homme tourne en rond dans son salon. L’écran de son ordinateur affiche les premiers éléments de l’affaire. Ce fait divers vient de réveiller de douloureux échos…
Mon coup de coeur sur cette sélection, une vraie découverte et j'ai beaucoup aimé le roman de cette corse dont je ne connaissais rien. Une très belle écriture qui m'a tout de suite happée dans l'aventure. Un roman qui se lit vite, il est percutant, et les chapitres courts mais denses insufflent un rythme rapide, et on a l'impression d'avoir vécu beaucoup de choses. L'auteure manie bien le suspens et les rebondissements s'enchainent aussi très vite ! L'enquête est passionnante et j'ai trouvé un personnage charismatique avec Mathilde Sénéchal, un portrait de femme que j'ai aimé par son réalisme et les émotions qu'elle dégage, vraiment il me tarde de la retrouver.
En attendant, je ferai peut-être connaissance de son autre enquêteur Pierre-Arsène Léoni.



lundi 7 mai 2018

L'espace d'une vie - Becky Chambers

Présentation de l'éditeur ( SF) - Atalante
Traduction : Marie Surgers

Rosemary, jeune humaine inexpérimentée, fuit sa famille de richissimes escrocs. Elle est engagée comme greffière à bord du Voyageur, un vaisseau qui creuse des tunnels dans l’espace, où elle apprend à vivre et à travailler avec des représentants de différentes espèces de la galaxie : des reptiles, des amphibiens et, plus étranges encore, d’autres humains. La pilote, couverte d’écailles et de plumes multicolores, a choisi de se couper de ses semblables ; le médecin et cuistot occupe ses six mains à réconforter les gens pour oublier la tragédie qui a condamné son espèce à mort ; le capitaine humain, pacifiste, aime une alien dont le vaisseau approvisionne les militaires en zone de combat ; l’IA du bord hésite à se transférer dans un corps de chair et de sang…
Les tribulations du Voyageur, parti pour un trajet d’un an jusqu’à une planète lointaine, composent la tapisserie chaleureuse d’une famille unie par des liens plus fondamentaux que le sang ou les lois : l’amour sous toutes ses formes.


Je lis finalement très peu de SF, et pourtant j’apprécie beaucoup ce genre. J’avoue aussi que dans ce domaine, les histoires de huis-clos dans des vaisseaux en route vers de nouveaux univers sont parmi mes préférés. Ce livre qu’on classe facilement dans le style “ space-opéra” a été le coup de coeur d’une rencontre aux Utopiales, un parfait inconnu qui m'a donné envie de lire ce roman, ainsi qu' à Mypianocanta et C’era, deux copinautes qui ont été embringuées dans le même vaisseau.
Autant vous éviter les cachotteries, je n’ai pas partagé ce coup de coeur, j’ai apprécié les personnages et leurs potentiels mais mon imaginaire a été trop perturbé par un vocabulaire technique un peu "tape à l'oeil" et par une écriture au style descriptif. Je me suis faite larguer très vite par le vaisseau et me suis retrouvée un peu perdue dans l’espace ! En fait je serai bien incapable de vous expliquer par quel procédé ils font des trous dans l'espace, et j'aurai aussi mis beaucoup de temps à comprendre que le sujet n'est pas dans les exploits techniques mais dans les rapports humains !

Ce fameux vaisseau “ le voyageur” est donc un vaisseau tunnelier, il a la tâche de creuser des trous dans l’espace afin d’accélérer les transports interstellaires. Bien sûr, le postulat de départ est bigrement intéressant puisque la guerre gronde et que l’endroit où ils sont envoyés pour creuser un tunnel est tout près d’une zone à risque … et pour agrémenter le tout, le vaisseau est plutôt vieillissant et les occupants se demandent toujours s’ils ne vont pas finir dans le trou, eux aussi… Mais voilà, cela n'a pas suffit à m'embarquer car l'histoire semble secondaire et ne maintient pas assez le lecteur en haleine, enfin pour moi en l'occurrence ! 


Ce qui m’a gêné également c’est que je n’ai pas eu l’impression de lire de la SF, dans le sens stricte du terme, l’histoire, qui est surtout basée sur les relations humaines, auraient pu être alors transposée n’importe où.  Ce roman est vraiment un journal de bord et du quotidien de notre troupe qui, aussi hétéroclite soit-elle, se regroupe comme un seul homme quand les problèmes surgissent.  Il y a des beaux messages de tolérance, et chacun avec ses différences apporte sa pierre à l’édifice.
Des bons dialogues, de l'humour mais aussi beaucoup de lenteur dans l’histoire, on ne sait pas vraiment ce qui va arriver,  et la notion du temps est toute relative, ça ne décolle pas vraiment,  sans jeux de mots...

 
Le seul point fort qui assure la cohérence du récit : c’est l’équipage, aussi compétent qu’exotique. Pour exemple, le pilote est une espèce de lézard avec des plumes, le cuisinier est aussi le médecin de bord et possède 6 mains (bien pratique !) On trouve aussi un nain ... bref un panel de personnages originaux, et chacun aura son heure de gloire sous les projecteurs de l'auteur. Notre héroïne, Rosemary, que je n'ai pas trouvé particulièrement attachante, a tout juste été recruté pour être la greffière, le gratte-papier du vaisseau. O
n découvrira, avec son regard, cette communauté hors du commun.

Pour finir, je dirai que le titre n’est pas très représentatif, ni percutant, mais comme l'ensemble du livre, on reste dans une tonalité vague. Je sais que la suite est sortie, mais ce sera sans moi pour l'instant. Il y a beaucoup de lecteurs qui ont été enthousiasmés par ce récit, alors, malgré mes réactions plutôt négatives, il ne faut pas hésiter pas à vous faire votre opinion et à tenter ce voyage dans l'espace !  


Voilà l'avis de ma compère de lecture C'era una volta qui a plutôt été contente de sa lecture



Becky Chambers est l’auteure de la L’espace d’un an et Libration. Son premier livre fut le résultat d’un projet financé sur Kickstarter. Depuis, elle a été nominée entre autres pour le prix Arthur C. Clarke, le Bailey’s Women’s Prize for Fiction, le prix Hugo, et le Grand Prix de l’Imaginaire. En plus d’être écrivaine, Becky a des antécédents en arts de la scène, et a grandi dans une famille fortement impliquée dans les sciences de l’espace. Elle vit maintenant en Californie, ou en plus de préparer son prochain livre, elle pratique l’apiculture, explore les cieux avec son télescope, et joue à beaucoup de jeux vidéo.


vendredi 4 mai 2018

Quelques instants de lecture ... Le mois d' avril en images





Quelques instants de lecture est un rendez-vous mensuel, 
proposé sur le blog de MarieJuliet, qui se tient le 1er jour de chaque mois.

Son objectif est de partager nos photos de livres,
de moments de lecture, du mois passé, mises en scène. 


Me revoici pour ce mois riche en achats et en bonnes lectures Tout d'abord lecture d'un classique pour le challenge des 12 thèmes, très contente de cette découverte, j'ai beaucoup aimé comme vous le savez puisque c'est ma dernière chronique.




Lecture agréable avec un fantastique tendre et humoristique ...  
un peu fleur bleue mais ça fait du bien !
une bonne découverte faite au salon de Montaigu, je prévois de lire la suite



D'ailleurs en parlant du printemps du Livre de Montaigu, 
je ne résiste pas au plaisir de vous présenter l'ensemble de mes achats, 
des auteurs que je découvre, sauf Jérôme Camut 
que je connaissais pour son Malhorne !



Un polar qui clôture mes lectures pour le comité polar de la médiathèque.
Notre dernière réunion de la saison sera la semaine prochaine !


Une vente de livre pour Amnesty le week end dernier ! 
et hop je recharge le panier ... 
C'est vrai que je n'en avais pas assez !!!!


Ma dernière lecture du mois d'avril, tres sympathique, 
je vous en parle dans une prochaine chronique.


Mon dernier achat ... et ma lecture en cours


A la prochaine ! et bon mois de mai !

lundi 23 avril 2018

La dame du manoir de Wildfell Hall - Anne Brontë

Présentation de l'éditeur ( Archipoche) - Romance, histoire de vie
Traduction :  Denise et Henry Fagne
Publié en 1848, La Recluse de Wildfell Hall, qui analyse sans concession la place des femmes dans la société victorienne, est considéré comme l'un des tout premiers romans féministes. Ce titre méconnu entretient, comme l'a souligné la critique moderne, de nombreux liens avec Les hauts de Hurlevent d'Emily Brontë. on y retrouve notamment les mêmes thèmes: alcoolisme, violence masculine corruption de l'enfance... Qui est la mystérieuse nouvelle locataire de Wildfell Hall? On ne sait pas d'où vient cette artiste qui se fait appeler Mrs Graham, se dit veuve et vit comme une recluse avec son jeune fils. Son arrivée alimente toutes les rumeurs dans la petite communauté villageoise et éveille l'intérêt puis l'amour d'un cultivateur, Gilbert Markham. La famille de Gilbert. est apposée à cette relation et petit à petit, Gilbert lui-même se met à douter de sa secrète amie. Quel est le drame qu'elle lui cache ? Et pourquoi son voisin, Frederick Lawrence, veille-t-il si jalousement sur elle ?
Titre original : The Tenant of Wildfell Hall (1848)



A l'occasion du challenge des 12 thèmes organisé par A-little-bit-dramatic, j'ai sorti de ma pile, un classique, chose rare en ce qui me concerne et je n'ai vraiment pas été déçue, j'ai même beaucoup aimé lire ce "romantique" roman ! On connait peut-être mieux les deux soeurs aînés d'Anne, Charlotte, née le 21 avril 1816 et Emily, née le 30 juillet 1818. Elles ont toutes trois, deux ans d'écart et leur fraicheur apporte une autre approche de cette période, perturbée politiquement par les fragilités internes de la société impériale britannique naissante et la fin des guerres Napoléoniennes. Cette vision nouvelle est aussi celle d'un mouvement littéraire qui ne cesse de prendre de l'ampleur alors, celui de l'amour et des sentiments exacerbés, on est vraiment dans le romantisme associé au naturalisme, et si on se remet dans le contexte, c'est très courageux pour ces jeunes femmes d'affronter le monde en dévoilant les problèmes de société tels que la place de la femme dans la société, les vices de la boisson, la violence conjugale, l'éducation, le mariage... autant de thèmes toujours d'actualité, et qui suscitent déjà l'intérêt. A l'époque, ces récits ont dû faire bondir les bonnes familles de leurs corsets !

Toutes ces émotions sont d'ailleurs très bien mises en scène, et j'avoue ne pas m'être ennuyée une seconde malgré quelques passages répétitifs et l'envie bien souvent de mettre un coup de pied dans cette fourmilière de gens bien pensant qui se laissent constamment entortiller et mener par le bout du nez. C'est le cas de notre héroïne Helen, attachante et naïve, elle finira par prendre conscience de son propre malheur auprès d'un homme charismatique qui deviendra vite détestable pour sa femme et son entourage. Mais en bonne épouse, elle gardera sa dignité malgré l'humiliation, et trouvera finalement la voie du repos et du bonheur, mais je vous laisse découvrir cette belle histoire qui offre une grande palette d'émotion et de couleur.

L'originalité du récit tient beaucoup dans sa conception même, car l'auteur nous dévoile l'histoire par les différents points de vue des protagonistes, et toujours d'une manière détournée, soit par une correspondance, soit par la lecture d'un journal intime, et cette manière d'assembler tous les témoignages est très vivante. Le style est fluide et agréable, il n'est pas trop descriptif et suggère une ambiance mélancolique et anglaise à souhait. C'est un peu la marque de fabrique des soeurs Brontë qui nous font souvent voyager dans des manoirs sinistres, perdus dans des landes désolées et avec des personnages tourmentés et mystérieux. Et si ce voyage romantique vous tente ! vous risquez de passer un bon moment dans cette campagne anglaise !




Le romantisme est un mouvement culturel apparu à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre et en Allemagne et se diffusant à toute l’Europe au cours du XIXe siècle, jusqu’aux années 1850. Rejet du classicisme et du siècle des Lumières, Il s’exprime dans la littérature, la peinture, la sculpture, la musique, la politique et la danse. Il se caractérise par une volonté de l'artiste d'explorer toutes les possibilités de l'art afin d'exprimer ses états d'âme : il est ainsi une réaction du sentiment contre la raison, exaltant le mystère et le fantastique et cherchant l'évasion et le ravissement dans le rêve, le morbide et le sublime, l'exotisme et le passé. Idéal ou cauchemar d'une sensibilité passionnée et mélancolique.


 
• Les précurseurs :  Rousseau avec les rêveries du promeneur solitaire, Chateaubriand,
• Les grands auteurs romantiques :  Lamartine, Hugo, Musse, Stendhal.

Image souvent associée au romantisme :
Caspar David Friedrich, Le Voyageur contemplant une mer de nuages, 1817-1818 (Kunsthalle de Hambourg).

Si vous souhaitez pousser plus loin :
-http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/le_romantisme_en_litt%C3%A9rature/185879
- http://www.espacefrancais.com/le-romantisme/

lundi 16 avril 2018

En ce moment chez Lili ...# 17 Spécial Printemps du Livre

 

Ouverture de cette superbe journée au Printemps du livre de Montaigu, 
sous le président Mr Michel Bussi 
Un salon que j'aime pour plusieurs raisons, d'abord sa proximité, 
il est convivial à taille humaine, il y a une très bonne organisation
avec un excellent animateur Philippe Chauveau
qui nous offre des entretiens intéressants et consistants
alors pour en savoir plus ... cliquez ci dessous 


vendredi 13 avril 2018

Soeurs - Bernard Minier

Présentation de l'éditeur (XO éditions) thriller - policier

Mai 1993. Deux sœurs, Alice, 20 ans, et Ambre, 21 ans, sont retrouvées mortes en bordure de Garonne. Vêtues de robes de communiantes, elles se font face, attachées à deux troncs d’arbres.

Le jeune Martin Servaz, qui vient d’intégrer la PJ de Toulouse, participe à sa première enquête. Très vite, il s’intéresse à Erik Lang, célèbre auteur de romans policiers à l’œuvre aussi cruelle que dérangeante.
Les deux sœurs n’étaient-elles pas ses fans ? L’un de ses plus grands succès ne s’appelle-t-il pas La Communiante ?… L’affaire connaît un dénouement inattendu et violent, laissant Servaz rongé par le doute : dans cette enquête, estime-t-il, une pièce manque, une pièce essentielle.

Février 2018. Par une nuit glaciale, l’écrivain Erik Lang découvre sa femme assassinée… elle aussi vêtue en communiante. Vingt-cinq ans après le double crime, Martin Servaz est rattrapé par l’affaire. Le choc réveille ses premières craintes. Jusqu’à l’obsession.
Une épouse, deux sœurs, trois communiantes… et si l’enquête de 1993 s’était trompée de coupable ?
Pour Servaz, le passé, en resurgissant, va se transformer en cauchemar. Un cauchemar écrit à l’encre noire.



Je remercie avec un grand "R" Babelio et la maison des éditions XO pour ce magnifique cadeau ! Cadeau car c'est vraiment ce que j'ai ressenti en lisant ce livre quelques jours avant sa sortie. Savourer d'avance le dernier roman de cet auteur fut un subtil délice ! N'ayons pas peur des mots. J'ai adoré !

Il me tardait de retrouver Servaz, et ayant sauté les deux derniers tomes, j’avais un peu peur d’être à la ramasse. Mais pas du tout, on peut lire "Soeurs" comme un roman à part entière, mais je conseillerai quand même d’aborder cet épisode en ayant au moins lu "Glacé" et éventuellement "le Cercle", il y a des évocations de ces histoires précédentes, et on sent mieux de quoi ça parle. Et puis surtout, quand on aime le héros, notre attachement est sans contexte un élément fort, motivant et plus émouvant dans la perception de l'histoire, comme c'est le cas ici.


Dans ce tome, l'approche est originale, l'auteur nous offre une pause en fouillant le passé de notre commandant, on revient à ses débuts dans la police judiciaire de Toulouse, nous sommes dans les années 90 et découvrons un Servaz, jeune et novice en la matière, il est confronté dès sa première enquête à un double meurtre, celui de deux jeunes filles Alice et Ambre. Les circonstances de ce massacre paraissent étranges, et très vite, l'équipe trouve un dénominateur commun, Erik Lang, un auteur à succès controversé, tout l'accuse et comme la résolution de l'enquête n'a pu se faire réellement par manque de preuve, l'ombre et le doute de cette histoire plane désormais sur Servaz. Alors quand une nouvelle victime subit le même sort, quasiment 30 ans plus tard, Servaz se retrouve projeté dans son passé, aurait-il laissé le vrai coupable en liberté ?...

Et revoilà donc Servaz, en questionnement permanent et au commande de cette nouvelle enquête, il a quelques années d'expérience en plus, une maturité évidente et une féroce envie de ne rien laisser passer cette fois-ci. Je ne vous cache pas que le nom de la victime a de quoi surprendre puisqu'elle le ramène directement dans la vie de Lang et de ses démons. Il y aura de nombreux flash-back dans cette histoire, et cela nous permettra de sentir l'évolution psychologique de Martin, on découvre ainsi certains pans de sa vie, son père, et l'enfance de Margot qu'on a appris a apprécier dans la série. Puis d'un point de vue plus professionnel, l'évolution des méthodes de la police et la modernité qui sert au mieux les intérêts des enquêteurs de nos jours. Bref, on sent les époques différentes, le contexte est ciselé et la gageure de nous embarquer est réussie !

L'omniprésence d'Hirtmann est balayé par un nouveau meurtrier qui joue à son tour dans la cour des grands, il va nous donner des rebondissements et de belles suées. Je vous préviens, quand on commence un Minier, on court après l'insomnie et le plaisir de lire une excellente histoire. C'est toujours aussi bien ficelée, l'écriture est fluide et coulante, elle s'insinue en vous jusqu'à la dernière page. Les détails sont là, croustillants et justes, donnant le  frisson et la réflexion en même temps. Il a su nous donner une histoire encore originale et palpitante en exploitant d'autres facettes de son personnage fétiche.

Ah ! Les serpents c'est pas mon truc, alors âmes sensibles motivez-vous !... j'ai du me percher sur une chaise ou rentrer mes pieds très vite sous les draps à certains instants ! Il ne nous ménage pas le bougre ! On sourira aussi en étudiant le portrait de Lang, l'auteur écrivain adulé devant des fans prêtes à tout, un comportement que l'auteur peut sans doute ressentir ou commencer à connaître ...
Il serait intéressant d'avoir son opinion à ce sujet ! ( je note la question pour le salon de Montaigu ! )

J'ai des éloges plein mon panier, et j'ai eu beaucoup de plaisir en retrouvant la fine équipe qui gravite et s'étoffe autour de Martin Servaz, fan inconditionnelle de ce héros récurrent, je recommande !
"Nuit" rejoindra ma pal ce week-end car j'ai l'intention de recroiser Bernard Minier, présent encore une fois au printemps du livre de Montaigu, pour mon plus grand bonheur et celui de ses fans ! et ma deuxième question sera  ... Alors à quand les prochaines aventures de Servaz ? ...





tous les livres sur Babelio.com

lundi 9 avril 2018

En ce moment chez Lili ...# 16



Au programme : Un week-end à Paris : Théâtre, musée et salon du livre ...
Cliquez ci dessous pour en savoir plus ! 

mercredi 28 mars 2018

En ce moment chez Lili ...# 15



Cette semaine au programme : une exposition dans un très beau musée, 
mes lectures, une séance de cinéma et une balade en Bretagne...

mercredi 21 mars 2018

Les larmes rouges T1 - Réminiscences - Georgia Caldera

Présentation de l'éditeur ( j'ai lu) - fantastique
« Le temps n’est rien…
Il est des histoires qui traversent les siècles… »

Après une tentative désespérée pour en finir avec la vie, Cornélia, 19 ans, plus fragile que jamais, est assaillie de visions et de cauchemars de plus en plus prenants et angoissants.
Elle se retrouve alors plongée dans un univers sombre et déroutant, où le songe se confond à s’y méprendre avec la réalité.
Peu à peu, elle perd pied…
Mais, la raison l’a-t-elle vraiment quittée ? Ces phénomènes étranges ne pourraient-ils pas avoir un lien quelconque avec l’arrivée de ce mystérieux personnage dans sa vie ? Cet homme qui, pourtant, prétend l’avoir sauvée, mais dont le comportement est si singulier qu’il en devient suspect… Et pourquoi diable ce regard, à l’éclat sans pareil, la terrorise-t-il autant qu’il la subjugue ?!




L’auteur est assez fascinante, très jolie, élégante et raffinée,  elle incarne un genre d’univers steampunk, et j’invente pour l’occasion le terme de "gothico-romantique" pour la décrire le mieux possible. Elle semble avoir plusieurs cordes à son arc en illustrant elle-même les ambiances de ces romans.





Alors parlons de ce premier tome qui commence plutôt mal avec un geste désespéré de suicide, Cornélia met fin à ses jours, et on se demande tout de suite comment on peut en arriver là, à 19 ans en pleine fleur de l’âge, au début de la vie ? Cette jeune femme a peu d’amis, foi en peu de choses, mal entourée, manquant visiblement d’amour maternel et de l’affection d’un père toujours absent … un protocole de départ qui nous offre donc un portrait de jeune femme en souffrance et peu sûre d'elle. Elle sera sauvée in extremis par un étrange personnage, il devient vite un soutien de taille et lui redonne l’envie de s'accrocher à la vie, elle reste pourtant fragile. Cet homme au charme charismatique lui apporte réconfort mais aussi de nouvelles interrogations, des cauchemars qui la terrorisent la nuit,  et la ramène dans un passé inconnu.

Elle se sent sombrer dans une folie morbide et malgré une peur viscérale au contact de son sauveur, sa présence est indispensable, elle ressent une attirance presque incontrôlable. Elle va peu à peu s’orienter vers l’impensable, et chercher à connaître et à démêler les fils du passé qui la rattache à cet homme, et découvrir l'envers de son monde. Son valeureux et pâle chevalier est toujours aux aguets et croise inévitablement son chemin, il est là pour la protéger ? mais de qui, pourquoi et comment, autant de questions qui rendent l’avancée un peu lente, car on a beaucoup de situations répétitives et de questions posées en boucle sans réponse dans ce premier tome.

La lecture de ces quelques 700 pages a été rapide, l’écriture est fluide, emporte le lecteur comme dans une vieille valse, c’est un sentiment que j’ai ressenti pendant ma lecture, je me suis sentie constamment projeté dans une autre époque, et Mme Caldera excelle à nous ramener dans les siècles passées, à ce point que même dans l'histoire présente,  j’avais l’impression d’être dans le passé et de voir constamment Cornélia en crinoline alors qu’elle portait de longs tee-shirts bariolés et des baskets. Les nombreux flash-back permettent de comprendre ce qui arrive à notre héroïne, ils donnent un peu de rythme à l'histoire, et ne nous perdent pas, car l'auteur prend soin de nous donner le détail qui nous repositionne dans le temps et dans le lieu.

Tout l’intérêt de ce livre est l’ambiance et l’atmosphère qui s’en dégagent, on comprend très vite les origines de cet homme et sa propension à aimer le sang en fait un "énième" vampire… on sent se profiler aussi la romance ... Le charme de ces créatures restent dans l’imaginaire, ils font flipper autant qu’ils attirent ! La froideur et la distance que notre Henri de Maltombes impose déclenche encore plus d'attraits, la chemise à jabots et le regard taciturne fonctionnent toujours. Je dois dire que je n'ai pas vu de grande originalité dans l'approche du phénomène "vampire", le mythe n'est pas très dépoussiéré, et tout ça à un petit côté déjà vu, à travers d'autres écrits, classiques ou modernes !

L'auteur nous livre des explications au compte goutte, découvrant avec Cornélia ce qui se passe, cela a son charme mais ne nous donne pas de perspective, il faut se laisser porter et ça manque pour l'instant d'information sur ces vampires, leur histoire et leur devenir... En tous les cas, il y a un gros travail de l'auteur pour nous aiguiller dans l'histoire, je ne sais pas encore si je lirai la suite car je ne suis pas assez émoustillée par l'intrigue, et par les questionnements qu'elle soulève. C'est néanmoins une lecture agréable que je vous invite à découvrir si ce n'est déjà fait ! 

L'avis de June , très enthousiasmée par cette lecture et qui m'a donné envie de me lancer !