lundi 24 avril 2017

Robin des bois, prince des voleurs - Alexandre Dumas

Présentation de l'éditeur ( j'ai lu)

Dans la forêt de Sherwood, un modeste forestier et sa femme se voient confier l’éducation d’un orphelin. Seize ans plus tard, celui que l’on nomme Robin Hood est un vaillant jeune homme, habile archer. Amoureux de la belle Marianne et de l’aventure, il devient l’ennemi juré de l’ordre féodal : détroussant les riches et combattant les lois iniques d’Henri II, il gagne son surnom de « Prince des voleurs ».










La notoriété universelle de Robin des bois en fait un personnage à part dans l’histoire. Qui ne connait pas ce rebelle anglais, archer au grand coeur. ! Ce héros justicié prend de l’ampleur grâce aux films ou aux séries télévisées, il appartient à cette catégorie d'hommes chevaleresques, galants, ayant une grandeur d’âme, courageux et protecteur. Bref, un compagnon idéal !

Contrairement aux films qui ne nous montrent qu'une partie de sa vie, c'est a dire ses exploits contre le Prince Jean et le Duc de Nottingham, nous allons ici découvrir l'enfance de Robin, élevé et adopté par un gentil couple. L'action mène les personnages, et on avance très vite dans le temps et dans l'histoire. Sa rencontre avec Lady Marianne et son frère Allan va le transformer, et le lancer dans une séries de péripéties,  on découvre ainsi quelques uns de ses comparses comme Frère Tuck, un moine qui gagne vite notre sympathie. Ces aventures rocambolesques découlent d'actes portés par de beaux sentiments, finalement ce récit est très romantique, et malgré l'aventure, les complots, les enlèvements qui sont là pour divertir le lecteur, la romance, elle, tient une bonne place. 

Le roman se lit facilement, mais le style est assez lourd et comporte beaucoup de coquilles et de petites incohérences (dans cette version de « j’ai lu »), j’ai trouvé à plusieurs reprises que Robin tutoie son père et le vouvoie la ligne suivante … tout cela n’est pas bien méchant mais casse un peu le rythme de lecture par des questionnements inutiles.  J'avais beaucoup de mal à reconnaitre le style "DUMAS"… il manquait quelque chose dans sa manière de décrire, de nous présenter les personnages et le contexte, et sur l'ensemble un peu alambiqué et trop porté sur les histoires de couples ... Alors quand Whiteaker m’a parlé des petits nègres de Dumas, j'ai cherché a en savoir plus, et il semble bien en effet que ce Robin des Bois a été traduit par sa collaboratrice Marie de Fernand, (cette dernière signait souvent sous le nom de Victor Perceval.) J'avais donc l'explication ! L'histoire de Robin est inspirée du roman de l’écrivain et illustrateur anglais Pierce Egan le Jeune (1814-1880) : Robin Hood and Little John or the Merry Men of Sherwood Forest. Marie, traductrice, fait donc honneur à la patte de son maître, en présentant un jeune homme rebelle attachant, doté d’une belle morale et d’un esprit de justice développé. Ce roman a été publié après la mort de Dumas et a été ajouté à ses oeuvres.

Malgré une belle et bonne nature, j'ai eu un peu de mal à m'attacher au personnage de Robin, ce récit est un peu tout blanc ou tout noir, et la caricature de certains personnages est assez poussée. Par contre j'apprécie beaucoup que l'auteur nous prenne à partie et nous entraine dans l'aventure en nous parlant directement à certains moments, qu'il nous fasse découvrir l'histoire comme s'il levait un rideau sur une scène. L'intérêt de ce livre pour moi, a été d'en apprendre un peu plus sur le personnage de Robin, et sur ces origines puisés dans la vraie histoire.
Bien qu'un peu déçue de savoir que ce n'est pas Dumas lui-même qui a écrit cette version, on se laisse prendre par l'aventure, même si les rebondissements restent un peu naïfs et téléphonés.  Un livre sans grande surprise, il faut dire qu'on connait bien le scénario et les personnages de cette histoire !





Un personnage d’inspiration anglo-saxonne

Dumas en effet s’inspire de l’écrivain écossais Walter Scott (1771-1832) pour ses récits. En 1863, à titre d’hommage, il réalise une traduction du plus grand succès de cet auteur : Ivanhoé. Dans cette oeuvre publiée en 1819, Robin des Bois n’a pas encore acquis ses titres de noblesse et n’occupe qu’un rôle secondaire. C’est pourtant l’immense succès de ce roman qui contribuera à faire de Robin un personnage mondialement connu.
À l’occasion d’un tournoi, Ivanhoé affronte et défait successivement tous les champions normands et se lie d’amitié avec un certain Locksley : «un yeoman (mot anglais qui, au Moyen Âge, désignait les petits propriétaires d’origine non noble.) , robuste et bien taillé, portant un costume de drap vert de Lincoln, ayant douze flèches passées dans sa ceinture, un baudrier et une plaque d’argent, et tenant
dans sa main un arc de six pieds de haut…»


Mais la légende remonte plus loin encore...
Imprimées au XVIe siècle à partir de manuscrits datant de 1450 pour les plus anciens, les ballades consacrées à Robin des Bois sont des chansons en vers dont la création et les premières interprétations sont dues aux trouvères et aux jongleurs de la fin du XIIIe siècle.  Là encore, Robin apparaît comme «un brave yeoman, un de ces chasseurs tenant le milieu entre l’homme de guerre et le paysan, archers durant la guerre, braconniers durant la paix, s’attachant quelquefois à un chevalier et lui servant d’escorte ». Il est déjà suivi du fidèle Petit-Jean, Robin est à la tête d’une troupe de joyeux compagnons vivant dans la forêt de Sherwood pour échapper aux soldats du shérif de Nottingham. Le motif de leur bannissement n’est pas clairement expliqué, mais les autorités les considèrent comme des outlaws (hors-la-loi, en anglais) En outre, ces ballades sont souvent habitées par le registre burlesque et grossier de la farce et des fabliaux de l’époque.
L’histoire de Robin prend place dans cette Angleterre, une époque marquée par les luttes d’influence entre seigneurs et par le jeu des allégeances entre suzerains et vassaux.

Extrait :  Chroniques du peuple écossais de l’abbé Bower, achevées en 1471, on lit ainsi : «En cette année [1266] encore, les barons dépossédés d’Angleterre exercèrent de grands brigandages. Robert Hood vi[t] alors comme un outlaw dans les bois et les forêts les plus épaisses.»


Pour être plus précis ...
Cet ancrage historique ainsi que l’apparition du nom de Robert Hood ou Hode dans certains documents administratifs ou judiciaires de l’époque médiévale sont à l’origine de la thèse de l’existence d’un Robin historique. Ces chroniqueurs écossais, comme les ballades qui rapportent les aventures de Robin (ou Robert), situent le personnage sous le règne de Henri III, soit entre 1216 et 1272 . En 1189 (Robin a vingt-sept ans, dans notre version), Richard succède à Henri II Plantagenêt, mais il se soucie peu de l’Angleterre et s’empresse de partir en croisade. Durant son absence, son frère Jean intrigue pour conquérir le pouvoir. L’histoire conserve de lui le souvenir d’un souverain peu exemplaire dont le règne a été marqué par des conflits permanents avec les barons anglais désireux de retrouver les pouvoirs qui leur ont été confisqués par les rois successifs. Chez les auteurs du XIXe siècle, il est courant de voir en Robin un représentant du peuple saxon dépossédé par les Normands lors de l’invasion menée par Guillaume le Conquérant au milieu du XIe siècle.

 Référence pour l'article ci dessus  "présentation, notes, dossier et cahier photos de
Stéphane Desprès, professeur de lettres - Flammarion - étonnants classiques"


Filmographie : Robin a beaucoup inspiré le cinéma ... J'ai beaucoup aimé le dernier avec Russell Crowe... Même si Kevin Costner ressemble plus à l'image que l'on se fait de Robin.

• 1908 : Robin Hood and His Merry Men, court métrage muet de Percy Stow.
• 1922 : Robin Hood, film muet d’Allan Dwan, avec Douglas Fairbanks et Enid Bennett.
• 1938 : The Adventures of Robin Hood (titre français : Les Aventures de Robin des Bois), de Michael Curtiz et William Keighley, avec Errol Flynn et Olivia de Havilland.
• 1946 : The Bandit of Sherwood Forest (titre français : Le Fils de Robin des Bois), de George Sherman et Henry Levin, avec Russell Hicks et Cornel Wilde.
• 1973 : Robin Hood (titre français : Robin des Bois), long métrage animé deWolfgang Reitherman, produit parWalt Disney Pictures.
• 1976 : Robin and Marian (titre français : La Rose et la Flèche), de Richard Lester, avec Sean Connery et Audrey Hepburn.
• 1990 : Robin Hood no daibôken, dessin animé japonais de Kochi Mashimo, Tatsunoko Productions.
• 1991 : Robin Hood, Prince of Thieves (titre français : Robin des Bois, Prince des voleurs, de Kevin Reynolds, avec Kevin Costner et Mary Elizabeth Mastrantonio.
• 1993 : Robin Hood, Men in Tights (titre français : Sacré Robin des Bois), film parodique de Mel Brooks, avec Cary Elwes et Amy Yasbeck.
• 1997 : The New Adventures of Robin Hood (titre français : Les Nouvelles Aventures de Robin des Bois), série télévisée de Tom Kuhn, avec Mathew Porretta et Anna Galvin.
• 2001 : Princess of Thieves (titre français : La Princesse des voleurs), de Peter Hewitt, avec Stuart Wilson et Keira Knightley.
• 2006 : Robin Hood (titre français : Robin des Bois), série télévisée britannique de Dominic Minghella et Foz Allan, avec Jonas Armstrong et Lucy Griffiths.
• 2010 : Robin Hood (titre français : Robin des Bois), de Ridley Scott, avec Russell Crowe et Cate Blanchett.


8 commentaires:

  1. je l'avais pris sur la liseuse et puis je l'ai enlevé parce que finalement il ne m'inspirait pas plus que ça. J'adore le robin des bois avec kevin Costner et celui avec errol flynn

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    1. Oui, j'aurai pu passer mon chemin aussi ! et tenter un autre Dumas plus significatif dans l'histoire et l'aventure !
      J'ai un grosse préférence pour Russell Crowe, plus rustique et sans doute plus réaliste ! ;)

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  2. Je ne savais pas que Dumas avait utilisé une autre main pour tenir la plume, du coup cela gâche un peu le plaisir j'imagine ! Je sors à peine d'une lecture plutôt vieillotte, alors je ne me jetterai pas sur ce Dumas en priorité, bien d'autres m'attirent davantage, comme Le Comte de Monte-Cristo par exemple ^_^
    Merci ma Lili, pour cette complète et intéressante chronique dumasienne :)

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    1. Oui, c'était chose assez courant à l'époque, le nègre littéraire de Dumas est le célébre Auguste Maquet, mais d'autres auteurs ont utilisés ces auteurs fantômes, de nos jours encore cela est très répandu.

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  3. voila un article très complet te très intéressante !
    je ne savais même pas que Dumas avait écrit ce titre !!

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    1. Merci Stéphanie, et bien avant de me pencher sur ce titre, je ne le savais pas non plus ! ce fut donc une surprise !

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  4. Tu fais un beau travail de recherche derrière ta chronique, bravo!

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