mercredi 6 décembre 2017

Le challenge ABC 2018 - littérature de l'imaginaire organisé par MarieJuliet


Les années précédentes, ce challenge était trop contraignant à mon goût
mais Mariejuliet ayant inclus une nouvelle possibilité avec le demi soit 13 titres,
je me laisse tenter et je joue donc pour la médaille de cuir !

Le règlement du challenge
Le principe du challenge est de lire 26 livres entre le 1er janvier et le 31 décembre 2018, en respectant le principe « une lettre, un auteur » (sauf pour le demi).

Il faut donc choisir un auteur par lettre, dans les genres littéraires entrant dans la catégorie imaginaire
- Fantasy,
- Fantastique,
- Science-Fiction
- Et tous leurs sous genre (bit-lit, dystopie, steampunk, etc

Afin de rendre le challenge plus facile, plusieurs possibilités s'offrent à vous :

- Vous avez la possibilité de modifier votre liste à loisir durant l'année. Pour valider votre inscription au challenge, il faudra que vous dressiez une liste au minimum de 20 livres sur les 26, mais vous pourrez ensuite la modifier autant de fois que vous le voulez dans l'année. Sauf si vous voulez obtenir la médaille de platine : dans ce cas, vous aurez droit à 3 changements maximum ! (les changements jusqu'au 31 janvier ne comptent pas).
- Vous pourrez inclure des BDs, mangas ou artbooks dans votre liste, mais pas plus de 3 au total. Pour les BD, le dessinateur compte autant que l'auteur pour le choix de la lettre.
- 3 tricheries sont autorisées. Par tricherie, j'entends l'utilisation de la première lettre du titre du livre ou la première lettre du prénom de l'auteur (au lieu de la première lettre du nom de famille de l'auteur)
- Pour ceux qui ne veulent pas ou qui n'ont pas le temps de faire des chroniques (ou ceux qui n'ont pas de blog), vous pouvez tout de même participer au challenge. Il faudra cependant venir dire quelques mots sur vos lectures sur le topic de Livraddict, afin de pouvoir échanger vos impressions avec les autres participants au challenge.

- Nouveauté : Le demi
Vous tenez au challenge, vous aimeriez bien accomplir un objectif, mais ce n'est jamais le cas ? Le demi est fait pour vous.
Comme son nom l'annonce, l'objectif est de lire 13 livres dans l'année. Pour valider votre inscription, il faudra fournir la liste des 13 titres.

Les inscriptions sont ouvertes à tous. Elles se font soit sur le topic de LA ou sur le blog de MJ.
Elles sont ouvertes jusqu'au 31 janvier 2018. Le challenge commencera le 1er janvier 2018 et se terminera le 31 décembre 2018.

Votre inscription sera validée dès lors que vous aurez indiqué sur le topic votre liste pour le challenge (et éventuellement transmis le lien vers votre article de blog de présentation du challenge, en n'oubliant pas le logo). Au moment de l'inscription, votre liste devra comprendre au moins 20 livres sur les 26 prévus (13 sur 13 pour Le demi). Elle devra être complète à la date de fin des inscriptions, soit le 31 janvier 2018.

présentation des titres chroniqués - Nom de l'auteur, Prénom de l'auteur - Titre du livre (Genre)
Exemple : Orwell, George - 1984 ( Science-Fiction)

Les récompenses
A la fin du challenge une médaille est décernée aux participants ayant atteint un certain degré d'avancement dans le challenge :
- Médaille d'or : 26/26
- Médaille d'argent : 20/26
- Médaille de bronze : 15/26
- Médaille de chocolat : 10/20
- Et le petit bonus pour les motivés : la médaille de platine. La médaille sera attribuée à tous les participants ayant au minimum atteint la médaille de chocolat et qui n'auront effectué au maximum que 3 changements par rapport à la liste initiale qu'ils se seront fixés lors de l'inscription.

- Pour le demi, une médaille unique : la médaille de cuir ! ma liste c'est par ici

Bon challenge à tous ! 

  • La Fille des Clans, tome 1 : Balafrée de Michel Robert
  • Testament, tome 1 : L'héritière de Jeanne-A. Debats
  • L'espace d'un an  de Becky Chambers
  • Les Révélations de Riyria, tome 1 : La Conspiration de la couronne de Michael J. Sullivan
  • Havrefer, tome 1 : Le héraut de la tempête  de Richard Ford
  • Sans parler du chien de Connie Willis
  • Haut-royaume : Les sept cités, tome 2 : Le serment du Skande de Pierre Pevel
  • Le Cycle de Lanmeur, intégrale, tome 1 : Les Contacteurs de Christian Léourier
  • La part des ombres, tome 1 de Gabriel Katz
  • Londres la ténébreuse, tome 1 : La fugitive de Whitechapel de Bec McMaster
  • La Dernière terre, tome 1 : L'enfant Merehdian de Magali Villeneuve
  • Les Cités des Anciens, tome 1 : Dragons et serpents de Robin Hobb
  • Les dossiers Dresden, tome 03 : L'aube des spectres / Tombeau ouvert  de Jim Butcher

jeudi 30 novembre 2017

Meurtres à Pékin - Peter May - Saga Beijing Tome 1

Présentation de l'éditeur ( Babel noir) - Policier
Traducteur : Ariane Bataille
Tome 1 de la Saga Beijing
Pékin, ville baignée de tradition mais avide de modernité, une société qui se rue dans le capitalisme moderne mais profondément marquée par le système communiste. Le cadavre carbonisé d'un homme est découvert un matin dans le parce. Le même jour, deux autres corps sans vie sont trouvés à deux endroits différents de la ville. Pour seul indice, un mégot de cigarette à côté de chacun des trois corps, comme une signature. Margaret Campbell, médecin légiste aux Etats-Unis, spécialisée dans les brûlés, qui se trouve à Pékin pour une série de conférences, va se voir embarquée malgré elle dans l'enquête de Li Yan, fraîchement promu commissaire. L'Américaine rigoureuse et le policier chinois, ironique et énigmatique, choisissent deux approches totalement différentes d'un même objectif. Deux mondes s'affrontent, mais devant la complexité d'une affaire qui cache un secret monstrueux, les deux investigateurs vont devoir taire leurs oppositions et unir leurs talents pour découvrir la vérité, fût-ce au péril de leur vie. Car si les lieux sont exotiques et chargés de traditions, les dangers, eux, sont bien du XXIe siècle menace des OGM et remous dans les milieux politiques. 


Après la trilogie écossaise que j’ai adoré à tout point de vue. J’ai trouvé déroutant de partir à l’opposé de ce pays sauvage et pluvieux ... la Chine, mais j’étais prête à faire des kilomètres, tant j’aime sa plume et ses personnages. J’ai cherché a savoir pourquoi la Chine et sa mini biographie en fin d’article vous permettra de comprendre ce choix ! Le cadre de cette lecture était tellement aux antipodes de l’Ecosse que ça m’a rebuté un peu au début, je ne suis pas particulièrement attirée par ce côté du globe, mais finalement découvrir la chine en ayant un aperçu de cette culture par le biais de ce roman a été une expérience très intéressante et motivante, je sais déjà que je continuerai cette saga "Beijing" qui compte 6 tomes en tout :
1 Meurtres à Pékin, 2 Le quatrième
sacrifice, 3 Les disparues de Shanghai , 4 Cadavres chinois à Houston, 5 Jeux mortels à Pékin et 6 L’éventreur de Pékin.

Nous suivons une jeune femme américaine, Margaret Campbell, légiste, spécialiste des grands brûlés, qui débarque à Pékin pour assurer des conférences à l’université de la sécurité publique. Comme elle, nous prenons contact avec cette culture très particulière, la première rencontre avec son futur partenaire est brutale, elle va donner le ton de leur future collaboration et le type de relation qu'ils vont entretenir. Li Yan, en effet, prend ses nouvelles fonctions de commissaire au département des affaires criminelles de Pékin, et très vite, on va suggérer leur collaboration. Il trouve des cadavres, elle les analyse, allant toujours un peu plus loin dans ses remarques, elle sera d'une aide sûre et ses déductions épateront Li Yan, homme de terrain avant tout. Même si la caricature est assez évidente entre l'américaine et le chinois avec un choc de civilisation inévitable, il n'en reste pas moins que leur humanité trouve du répondant, et pourra dénouer, sur la fin, les ficelles grossières de leurs différences.
Ils ne s'apprécient pas beaucoup au début, et le jeu du chat et de la souris durera suffisamment longtemps pour nous faire sourire et sentir monter la connivence entre eux, l'enquête va les rapprocher. L'arrogance de l'américaine s'étiolera face au regard du pudique chinois, toujours sur la réserve, jusqu'au moment où les préjugés vont  tomber pour laisser le désir poindre....

A côté de ces personnages attachants, (une petite mention spéciale pour l'oncle Yifu et sa sagesse) le deuxième point fort est le dépaysement de cette histoire, on imagine assez bien cette ville nébuleuse, encombrée de circulations incessantes et gelée dans ses traditions, on découvre en filigrane, une société encore terrorisée par la révolution culturelle et les séquelles sur un peuple obéissant et respectueux. La politique détient toujours le pouvoir, et l'auteur ne manque pas de nous rappeler des événements connus et les répercutions toujours pesantes sur la vie quotidienne des chinois. Il règle quelques comptes avec les multinationales qui, au risque de porter préjudice à la vie même des populations, n'hésitent pas à tester et à  faire consommer des "aberrations génétiques" ... La menace des OGM est là et l'enquête passionnante s'étoffe au fur et à mesure révélant des complots, des trahisons, et des émotions fortes surtout pour Li Yan qui va tomber de haut.

La plume est toujours aussi agréable et, le récit coule tout seul. Aucun temps mort pour ce duo de choc qui comptera parmi mes préférés.
Quand on pense que le seul indice est "un mégot retrouvé à proximité des cadavres"... c'est sans compter sur la perspicacité de l'auteur qui donne corps à une excellente histoire policière, la suite sera au programme de mes prochaines lectures.




"Peter May s'est fait un nom à la télévision britannique en créant et transcrivant les scénarios de séries télévisées, très prisées outre-Manche, telle que "Take the High Road" qui se déroule dans la magnifique region du Loch Lomond, en Ecosse.

Nommé, à 21 ans, "jeune journaliste de l'année", il a abandonné le journalisme lors de la publication de son premier roman, à l'âge de 26 ans. Le livre a été porté à l'écran pour la série "The Standard" sur la BBC à une heure de grande écoute.

A partir de ce moment-là, Peter May est devenu très connu, à la fois comme producteur, scénariste et réalisateur d'oeuvres dramatiques pour la télévision - plus de 1000 scénarios en 15 ans. Pour sa série "Squadron" (l'Escadron), il a réussi à persuader la RAF de lui fournir des avions et des pilotes. Pour "Machair" il a conduit une troupe de 70 comédiens et membres d'équipage jusqu'aux îles Hébrides, pour y tourner, en extérieur, 99 épisodes.

Toujours à la recherche d'un nouveau défi, il a quitté la télévision et l'Ecosse pour s'installer en France et retourner à ses premières amours: l'écriture de romans. Très vite il est parti en Chine, un pays qui le fascinait depuis longtemps, dans le but impensable de se faire ouvrir les portes de la police chinoise.

Il y est retourné chaque année, y séjournant chaque fois plusieurs mois. Grâce à un réseau de contacts extraordinaire, il est parvenu à se faire introduire dans les services de police chargés des homicides, et ceux des experts légistes, à Shangai comme à Pékin.

Très méticuleux sur ses recherches, il a fait une étude exhaustive des méthodes utilisées par les inspecteurs, la police scientifique, et les médecins légistes chinois. Il s’est ainsi fait de nombreux amis dans tous les milieux au cours de ses périples.

Il débute alors l'écriture de la série chinoise, six thrillers situés en Chine et mettant en scène Margaret Campbell, médecin légiste de Chicago, et Li Yan inspecteur de police. En reconnaissance de son travail, il a été nommé membre honoraire de l'association des écrivains de romans policiers chinois à la section de Pékin.

Peter May est en effet très minutieux dans la fiabilité de ses sources documentaires. Pour la trilogie écossaise, il s'inspire de ses différents séjours réalisés dans les années 1990, dans les îles Hébrides du Nord de l'Écosse. Les paysages et l'atmosphère le marquent profondément, au point de décider de lui consacrer une trilogie, cette fois-ci écossaise."
texte tiré de - http://www.ur-web.net/PeterMayFrancais/auteur.html - http://www.ur-web.net/FrenchHome/PMFrancais/accueil.html






mercredi 29 novembre 2017

Les mondes d'Animalia - les licornes et la menace du griffon - Lenia Major et Marianne Alexandre

Présentation de l'éditeur ( Playbac) - Fantasy jeunesse


Siria, Myrte, Aqua et Orion forment un groupe de quatre licornes aux pouvoirs singuliers. Quand elles s’arrêtent sur le chemin des vacances dans la Forêt Chantante, un lieu plein de légendes, un défi de taille les attend. Un griffon, endormi depuis des années, vient de se réveiller et menace l'équilibre de la forêt et ses habitants.

Aidées dans leur mission par l'espiègle lynx Pistil, parviendront-elles à libérer la forêt de la menace du griffon ?

Je remercie Babelio et PAYBAC éditions pour ce retour en enfance.


Bon là, pour ceux qui me connaissent un peu, je sens que vous allez me dire "Mais la licorne, elle est pas un peu tombée sur la tête" ... Et vous n'auriez peut-être pas complètement tort. Habituée à lire des policiers et des thrillers, j'ai souhaité mettre un peu de douceur dans mes lectures en regardant ce qui se faisait chez nos amis les bambinos, et c'est plutôt réussi comme expérience.
Il est certain que je vais en faire profiter mes petites cousines qui adorent les licornes ! ( eh oui ! elles aussi, comme quoi il n'y a pas d'âge ! )

Un beau livre objet, très joliment illustré par Marianne Alexandre, et une belle histoire empreinte d'une grande poésie, intercalée de quelques passages où l'action relance l'histoire et conserve auprès d'un jeune lectorat, un suspens modéré mais prenant. L'histoire est simple, mais il y a de belles inventions, et la légende de la création du griffon est une trouvaille sympathique. Comme dans toute fantasy, le thème de la magie est mise au service des meilleurs pour vaincre la méchanceté et la vilénie, et c'est donc aussi le fer de lance de cet épisode, et une fois de plus, les gentils risquent bien de gagner ...

Mis à part ce mélange d'animaux fantastiques, américains et africains, que j'ai trouvé un peu déroutant dans ce monde imaginaire, (C'est vrai que j'ai eu un peu mal à voir discutailler ensemble une licorne et un gorille... ) les événements conduisent assez rapidement à une fin heureuse, c'est concentré, et même si on aimerait un peu plus de précision sur ce monde, je reste persuadée que le jeune lecteur préférera des anecdotes et de l'action plutôt que trop de descriptions ( il aura bien le temps d'ailleurs plus tard avec certains classiques !) .

Les 4 licornes superbes et racées qui mènent la danse incarnent des idéaux, n'importe qui peut s'identifier facilement et elles sont assez caricaturés pour cela, ainsi nous avons Syria qui est le leader du groupe, courageuse et réfléchie, Myrte, la douce et timide licorne, Aqua, diplomate et pragmatique, et enfin Orion, seul mâle, brave et vaillant (je ne sais pas pourquoi, on s'imagine qu'une licorne s'est forcément une femelle ! voila qui remet les pendules à l'heure !)  

Pour finir, nous avons aussi derrière cette légende, des messages et une petite part éducative qui met en scène des animaux connus et leur associent des valeurs sociales fondamentales tout au long du roman : aider son voisin, l'union qui fait la force, l'amitié et l'amour, le courage, la vérité ... bref un petit condensé d'humanité pétri de bons sentiments mais qui est agréable à lire, même pour la vieille licorne que je suis ! Et à la veille des fêtes, ce charmant petit livre d'une centaine de pages pourra faire un très joli cadeau pour toutes nos petites têtes blondes, brunes ou rousses !



mercredi 15 novembre 2017

Am stram gram - M.J. Arlidge


Présentation de l'éditeur ( les escales noires) - Thriller -Policier
Traduction : Elodie Leplat

Deux jeunes gens sont enlevés et séquestrés au fond d'une piscine vide dont il est impossible de s'échapper. À côté d'eux, un pistolet chargé d'une unique balle et un téléphone portable avec suffisamment de batterie pour délivrer un terrible message : « Vous devez tuer pour vivre. » Les jours passent, la faim et la soif s'intensifient, l'angoisse monte. Jusqu'à l'issue fatale.
Les enlèvements se répètent. Ce sont les crimes les plus pervers auxquels le commandant Helen Grace ait été confrontée. Si elle n'avait pas parlé avec les survivants traumatisés, elle ne pourrait pas y croire.
Helen connaît les côtés sombres de la nature humaine, y compris la sienne ; pourtant, cette affaire et ces victimes apparemment sans lien entre elles la laissent perplexe. Rien ne sera plus terrifiant que la vérité.

Ce livre a été lu dans le cadre du comité polar de la médiathèque des Sables d’Olonne, j’avoue que je n’aurai sans doute pas choisi ce livre, à vrai dire je ne suis pas férue des lectures qui abordent le sujet de la séquestration et de l'enfermement excessif, je pense avoir atteint avec Karine Giebel, le top du top avec "le purgatoire des innocents" dans ce genre, et tout me parait assez fade et éculé depuis, dans ce registre.

La 4ème  de couverture nous révèle tout de suite le dilemme que va rencontrer l'équipe formée par le capitaine Fuller et le commandant Helen Grace, il faudra trouver un "serial Killer" qui cherche à faire passer des messages à travers des actes de violence sidérants, mais à qui ? et pourquoi ? son modus operandi : chercher des duos, amants, famille, amis, les séquestrer et les livrer à un choix vital, celui qui tue l'autre, vivra ! mais le rescapé pourra t il vivre sereinement dans l'ombre de son geste ? Ses victimes n'ont a priori aucun point commun, et quand celui-ci sera trouvé l'évidence apparaitra rapidement. 

C'est un début plutôt prometteur pour ce court roman !  Mais J'ai trouvé beaucoup de redondances dans le récit avec un déroulement des enlèvements trop similaires, un rituel qui devient vite répétitif alors que l'enquête n'avance pas vite. D'autre part, le rythme saccadé des chapitres très courts auraient pu donner du punch à l'intrigue mais j'ai trouvé au contraire que cela donnait trop de superficialité à l'affaire, on arrive très vite à la fin, et même si le coupable à l'esprit torturé reste crédible, il arrive un peu comme un cheveu sur la soupe sans préliminaire. Pour finir sur les critiques plutôt négatives, je dirai que l'écriture est assez pauvre, elle ne m'a pas permise de rentrer dans l'univers impitoyable du meurtrier, ni des victimes d'ailleurs. Je suis restée assez distante, sans ressentir beaucoup d'émotions. 
Je n'ai pas trouvé assez d'originalité dans ce récit, sauf peut-être la personnalité cachée de notre enquêtrice qui surprend, mais qui n'apporte rien et ne donne pas plus de charisme à son personnage un peu paumé, au contraire, on a du mal à la cerner par la suite. Reste le procédé inventif qui fait que le vrai meurtrier ne tue pas et laisse cette besogne à ses propres victimes !

Tout cela n'est pas très reluisant vous allez me dire, et je ne pense pas continuer la saga Helen Grace, l'histoire et les personnages ont manqué de densité pour moi, c'est assez glauque, mais l'ensemble se lit facilement et rapidement, parsemées de quelques petites scènes peu ragoûtantes qui, elles, resteront bien en mémoire !


lundi 30 octobre 2017

Une colonne de feu - Ken Follett

Présentation de l'éditeur (Laffont) - Romans-Histoires
Traduction : Cécile Arnaud, Jean-Daniel Brèque, Odile Demange, Nathalie Gouyé-Guilbert et Dominique Haas.

Après Les Piliers de la Terre et Un monde sans fin, Ken Follett renoue avec la magnifique fresque de Kingsbridge, qui a captivé des millions de lecteurs dans le monde entier.

Noël 1558, le jeune Ned Willard rentre à Kingsbridge : le monde qu'il connaissait va changer à tout jamais... Les pierres patinées de la cathédrale dominent une ville déchirée par la haine religieuse et Ned se retrouve dans le camp adverse de celle qu'il voulait épouser, Margery Fitzgerald.

L'accession d'Élisabeth Ire au trône met le feu à toute l'Europe. Les complots pour destituer la jeune souveraine se multiplient, notamment en France ou la séduisante Marie Stuart – considérée comme l'héritière légitime du royaume anglais et issue de la redoutable famille française de Guise – attend son heure. Pour déjouer ces machinations, Élisabeth constitue les premiers services secrets du pays et Ned devient l'un des espions de la reine. À Paris, il fait la connaissance de la libraire protestante Sylvie Palot dont le courage ne le laisse pas indifférent...

Dans ce demi-siècle agité par le fanatisme qui répand la violence depuis Séville jusqu'à Genève, les pires ennemis ne sont cependant pas les religions rivales. La véritable bataille oppose les adeptes de la tolérance aux tyrans décidés à imposer leurs idées à tous les autres – à n'importe quel prix.

Un grand merci à ROBERT LAFFONT et à BABELIO pour cette lecture attendue !

 


Après mettre régalée, il y a longtemps déjà, avec Les piliers de la terre, avoir continué l'aventure avec le Monde sans fin, la boucle se referme avec ce dernier tome qui semble clôturer cette trilogie devenue la mythique saga de Kingsbridge.

La couverture est superbe, réhaussée d'un verni et d'un gauffrage bien choisi, bel objet qui attire l'oeil et que je vois partout dans le top 10 des ventes !
Et pour cause, Ken Folett a cette propension naturelle à signer de grandes fresques historiques, et celle-ci nous entraîne une fois de plus dans une Angleterre fragile et torturée, en plein milieu du 16e siècle. Depuis les piliers de la terre, nous avançons dans l'histoire avec des sauts de deux siècles à chaque tome. Nous ne retrouvons donc pas les héros de chaque série mais leurs descendances, les gens sont assez sédentaires dans ces temps réculés, et ceux de Kingsbrigde n'échappent pas à la règle.

Je ne vais pas vous raconter cette longue et belle aventure, 1000 pages d'émotions et de destins hors du commun.  Mais sachez que comme dans tous ses romans, il marque de sa patte, son style. Il privilégie l'étude de quelques personnages charismatiques que nous allons suivre, chacun dans leur vie et leurs mésaventures, ils finiront par se croiser et se recroiser, partageant quelques instants pour certains et beaucoup plus, pour d'autres. Cette vision qui finit par entremêler les vies de chacun est intéressante et parfaitement maitrisée. Les intrigues nous poussent à continuer toujours plus loin pour retrouver à intervalles réguliers, leurs devenirs.

Il y a beaucoup de personnages, et le récapitulatif des protagonistes (au début du roman) est utile, je m'y suis souvent référée, ensuite happée par l'histoire, on finit par s'y retrouver parfaitement. L'attachement aux personnages évoluent, il y en a qu'on déteste tout de suite, d'autres avec lesquels on pleure où on enrage, et d'autres qui vivent à cent à l'heure nous entraînant dans toute l'Europe, bref, on voyage et on ne s'ennuie pas une minute avec Ned, Margery, Rollo, Pierre Aumande ou encore Sylvie Palot.
On notera aussi avec quelle perspicacité, l'auteur associe des événements connus avec ceux de nos personnages fictifs. N'oublions pas nos illustres rois et reines, qui sautent à pieds joints dans l'aventure où les rebondissements ne cessent de serrer la main au complot. Nos héros s'intégrent dans le tracé de la grande histoire, et cela donne de l'ampleur, de la densité à cette fresque.
J'ai beaucoup apprécié la vision de l'auteur concernant le rôle des femmes au pouvoir, nous en avons un bel échantillonnage entre Elisabeth, Marie Tudor, Marie Stuart, Catherine de Médicis ....Elles ne sont pas vraiment très tendres et même si elles souhaitent toutes la primauté du peuple sur la religion. Il semble que le pouvoir dévie inexorablement l'âme humaine à chaque niveau social.
 
Le leitmotiv de cette histoire est bien sûr la religion, tout tourne autour de cela, une excellente reconstitution de l'époque et en cela, les recherches et la documentation nombreuses donnent du crédit à l'histoire. J'ai revisité cette histoire de France et d'Angleterre avec plaisir, comprenant mieux certains faits, et assimilant quelques manques dans mes connaissances. A travers ces guerres de religion qui résonnent encore aujourd'hui, on ne peut pas rester de marbre, on s'insurge contre cette intolérance diffuse et constante dans ce récit. Les hommes d'église, comme les politiques, jouant avec le peuple comme avec des pions. C'est consternant et pourtant le catholicisme et le protestantisme ont généré tellement de morts et de conflits. L'auteur nous donne des preuves de ce fanatisme religieux tout au long du récit, et nous laisse bien souvent en grande réflexion !

Je n'ai pas vraiment vraiment compris le sens de ce titre, mais sans doute un rapport avec cette guerre de religion qui balaie tout sur son passage. En me relisant, j'ai l'impression de laisser l'idée d'un roman très noir, mais il y a aussi beaucoup d'amour dans ce roman, beaucoup d'émotions, d'aventures et d'espoirs ! Je vous laisse avec Mr Follett, et sa sarabande d'acteurs !

Dernière chose, je serai curieuse de savoir comment tous ces traducteurs (pas moins de 5) ont travaillé pour nous rendre cette saga aussi passionnante, rendons leur un bel hommage aussi pour ce travail de longue haleine ! J'espère croiser aux Utopiales à Nantes Monsieur *Jean-Daniel Brèque  pour lui renouveler mon admiration.




* Jean-Daniel Brèque
Jean-Daniel Brèque est traducteur professionnel depuis une trentaine d’années. Deux fois couronné par le Grand Prix de l’Imaginaire, il a traduit des écrivains comme Orson Scott Card, Stephen King, Lucius Shepard et Lev Grossman et Dan Simmons. Jean-Daniel Brèque a longtemps collaboré à la revue Galaxies, dont il fut l’un des fondateurs, ainsi qu’à Bifrost. Également éditeur, il participe à la publication des œuvres de Poul Anderson aux éditions du Bélial’ et dirige, chez Rivière Blanche, la collection Baskerville, consacrée à la redécouverte des Rivaux de Sherlock Holmes, dont il publie lui-même les éditions numériques.

lundi 23 octobre 2017

Un dernier verre avant la guerre T1 et Tènébres prenez moi la main T2 - saga Kenzie et Gennaro - Dennis Lehane

Présentation de l'editeur ( Rivages/noir) - Policier
traduction : Mona de Pracontal

Amis depuis l’enfance, Patrick Kenzie et Angela Gennaro sont détectives privés. Ils ont installé leur bureau dans le clocher d’une église de Boston. Un jour, deux sénateurs influents les engagent pour une mission apparemment simple : retrouver une femme de ménage noire qui a disparu en emportant des documents confidentiels. Ce que Patrick et Angela vont découvrir, c’est un feu qui couve « en attendant le jet d’essence qui arrosera les braises ». En attendant la guerre des gangs, des races, des couples, des familles.






Traduction : Isabelle Maillet

Une nuit, la psychiatre Diandra Warren reçoit un appel anonyme et menaçant qu’elle croit lié à l’une de ses patientes. Quand arrive au courrier une photo de son fils Jason sans aucune mention d’expéditeur, elle prend peur et demande de l’aide à Patrick Kenzie et Angela Gennaro. C’est pour les deux détectives le début d’une affaire bouleversante qui va les confronter à l’inacceptable, jusqu’à l’imprévisible dénouement. La peur, la compassion, la répulsion, l’amour, toutes ces émotions sont remarquablement mises en scène par Dennis Lehane dans un livre qu’on ne lâche pas avant la dernière page et dont les échos résonnent bien après qu’on l’a refermé.


 

Pour un de mes challenges, Zina, ma partenaire de "déstockage de pal en duo" m’a choisi un excellent policier, Ténèbres, prenez moi la main de Dennis Lehane. J’appris pendant ma lecture  que c’était en fait le deuxième tome de la série qui met en scène Patrick Kenzie et Angela Genaro, deux détectives privés, pas forcément hors du commun mais très attachants ! j'ai tellement apprécié le deuxième opus que j'ai attaqué à suivre le premier : Un dernier verre avant la guerre. Le fait de les avoir lu dans le désordre n'a pas été pénalisant. Je ne sais pas si sur la durée, ce couple va continuer à m'intriguer et à me charmer, mais je viens de faire l'acquisition du tome 3, Sacré, qui ne va pas tarder à prendre le chemin du haut de la pal !

J'ai vraiment été très emporté par le tome 2, et je l'ai préféré au premier, pour plusieurs raisons, d'abord l'analyse des sentiments qui existent entre Patrick et Angela et qui sont très bien rendus, ils évoluent l'un par rapport à l'autre, et leur jeu du chat et de la souris fonctionne bien, cette attirance qu'ils ont et qu'ils retiennent constamment renforce les liens pendant leurs enquêtes, et leurs vies privées et professionnelles sont incontestablement mêlées et emmêlées. 


D'autant plus que l'enquête dans laquelle ils sont s'empêtrer, va les ramener dans leur adolescence, on append beaucoup de choses sur Patrick et Angie, et leurs "potes" de l'époque, un petit côté "Myster River", qui nous plonge aussi ici dans l'horreur de certains travers humains, c'est glauque et violent à souhait, je vous préviens, il ne fait pas dans la dentelle notre Dennis ! C'est assez criant de réalisme et peut rappeler des affaires existantes de violence sur mineur.  La conception de l'histoire reste originale et ne ménage pas notre sensibilité, on atteint des sommets dans le sadisme et la barbarie, mais je ne rentre pas trop dans le détail pour ne pas spoiler les deux histoires.

D'une manière générale et dans ces deux tomes, l'écriture est plaisante, ça file tout seul, il y a un bon tempo et de la vivacité grâce au style enlevé, ponctué de nombreux dialogues. Les points de vues changent sans dérouter le lecteur, et on aime beaucoup les réflexions de Kenzie, c’est drôle parfois et ça soulage des moments de tension qui sont nombreux et forts.

Les personnages évoluent au cours des 2 tomes et j'ai aimé les suivre, connaître leur passé. Déjà très jeunes, on les découvre livrés à eux-mêmes et en proie aux affres de familles violentes et alcooliques, un passé qui les rattrapent trop souvent. 
Les personnages sont tous très attachants, et même certains "pseudo" méchants, je pense à Bubba, l’homme de la dernière chance présent dans les deux tomes, et dont on se régale de ses interventions aussi fantasques que flippantes ! 

Vous verrez, les intrigues sont bien ficelées, et on a du mal à lâcher le livre quand on devient spectateur de l'histoire et qu'on a l'impression d'être au plus près de l'action. Il semblerait que l'auteur ait un certain goût pour mettre le doigt sur les fléaux de l'humanité, qu'il développe avec maîtrise et émotion. Malgré toutes les monstruosités dont ils parlent, enlèvement, séquestration, etc, etc ... On ne peut s'empêcher de continuer à lire jusqu'au bout car heureusement, les dénouements et les révélations effroyables laissent quand même une petite place à la justice et à l'espoir !