lundi 22 mai 2017

En ce moment chez la Licorne ...

Bonjour à tous ceux qui passent par là,  et j'en profite pour remercier les habitué(e)s.

~ ෂ ෂ ෂ ~

Je vous propose un petit bilan de temps en temps, pas forcément hebdomadaire, mais je vais essayer de me tenir à ce petit rendez-vous en début de semaine,  je vous tiendrai un peu au parfum de mes lectures en cours ...

 ~ ෂ ෂ ෂ ~


Un week-end agréable en lecture après un début de semaine plutôt fastidieux ...
  ~ ෂ ෂ ෂ ~


... fastidieux avec les 15 premières vie d’Harry August  de Claire North, une lecture commune avec Zina, notre ressenti est assez conforme, et pas très bon dans l'ensemble.

Présentation de l'éditeur : Harry August se retrouve sur son lit de mort.
Une fois de plus.
Chaque fois qu’Harry décède, il naît de nouveau, au lieu et à la date exacts auxquels il est venu au monde la première fois, possédant tous les souvenirs des vies qu’il a déjà vécues. Peu importent ses actions ou ses choix, le processus est toujours le même. Harry ne sait comment ni pourquoi, seulement qu’il en existe d’autres comme lui.
Alors qu’arrive la fin de sa onzième vie, une petite fille apparaît à son chevet. « J’ai bien failli vous rater, Docteur August, dit-elle. Je dois vous transmettre un message, passé d’enfant à adulte, d’enfant à adulte, à travers des générations depuis mille ans dans le futur. Le voici : « Le monde se meurt, et nous ne pouvons rien y faire. À vous de jouer. » »
Voici l’incroyable histoire d’Harry August, de ce qu’il a fait, de ce qu’il va faire, et comment il va essayer de sauver un passé qu’il ne peut changer, et un futur qu’il ne peut accepter.


Cette lecture a été très vite indigeste, non à cause du sujet, car même si le thème de l’immortalité est assez récurrent, il intéresse toujours, et c’est vrai qu’en commençant ce roman, j’ai beaucoup pensé à la série FOREVER (qui entre parenthèse n’aura duré qu’une saison). Bref, le sujet est bizarrement traité et l’ensemble devient une sorte de journal intime ou cahier de souvenirs qui nous projette dans les différentes vies du héros mais sans vraiment de chronologie, nous sommes vite perdus. Le héros n’est guère attachant et j’ai trouvé dans un premier temps qu’il n’abordait pas le problème à la base, et passait vite sur les circonstances de ce don hors nature. Je ne vous parlerai pas des sociétés secrètes qui apparaissent de temps en temps dans le roman, et qui en savent beaucoup sur ces hommes qui revivent éternellement, un bon filon pour alimenter l'histoire mais pas exploité ou si peu ! … Mais je n’en dis pas plus… parce que je n’en sais pas plus non plus … et oui, au final on reste très spectateur … trop et pour cela, je n'ai pas apprécié cette lecture ! 


  ~ ෂ ෂ ෂ ~

• Marie d'en haut d'Agnès Ledig et les enchantements d'Ambremer de Pierre Pevel que j'ai fini dans le week-end m'ont donnés par contre beaucoup de plaisir,  même si les genres sont différents ! Je prépare des chroniques pour ces deux-là ! 

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A présent, je me lance dans "Port d'âmes" de Lionel Davoust, un auteur que je ne connais pas du tout, une lecture qu'il me tarde donc d'entreprendre pour faire honneur au "MOIS DE" de chez Book en Stock, ma librairie virtuelle tenue par deux petites dames charmantes  !  
  ~ ෂ ෂ ෂ ~

Et pour finir, petit détour ce week-end dans une brocante, et la PAL se trouve donc un peu plus haute de deux titres avec Sir Nigel d'Arthur Conan Doyle, suite de la compagnie blanche mais qui peut se lire indépendamment et les Manteaux de gloire de Sébastien De Castell, une fantasy qui me faisait bien envie quand elle est sortie. Et comme je trouvais certainement que je n'en avais pas assez à lire, je suis passée en coup de vent à la bibliothèque où j'ai pris le Coma des mortels de Maxime Chattam, que je n'ai pas encore lu !


Une chose est sûre, je ne vais pas manquer de lecture ! Bonne semaine sous le soleil !
Ah demain ! c'est séance cinéma avec le roi Arthur,  quelqu'un l'a t il déjà vu ? ...





jeudi 18 mai 2017

Remise des trophées et soirée de clôture du VENDEE GLOBE 2016

Samedi 13 Mai c'est la fête sur
le remblai des Sables d'Olonne.

Nous sommes beaucoup à être
venus saluer les skippers ...

 



Le deuxième : Alex Thomson, grand sourire pour HUGO BOSS  

 

Le grand vainqueur Armel Le Cléac’h pour Banque populaire

 

A côté d'Armel Le Cléac’h, Jean le cam brandit son trophée,
il est sixième de la course.

 

Le bus avec les navigateurs longe le remblai,
précédé de chars symbolisant
les 4 coins du monde.
Une très belle et bonne ambiance ! 

 


 

Le feu d'artifice en musique se prépare....
Il sera grandiose ...

 

 

QUELQUES CHIFFRES ET DATES POUR RAPPEL ....

• Le départ est donné le 6 novembre 2016 aux Sables-d'Olonne.

• Arrivée de Armel Le Cléac’h aux Sables-d'Olonne le 19 janvier 2017 à 16 h 37 min 46 s (heure française).

• 50 jours et 9 heures plus tard, le 11 mars 2017, la course se conclut avec l'arrivée de Sébastien Destremau 18e.

• 29 bateaux au départ, 18 à l’arrivée.


 

vendredi 12 mai 2017

Le roi se meurt - Ionesco

Présentation de l'éditeur  ( folio) - Théâtre

Pour expliquer le succès du Roi se meurt, on a dit que c'est un classique. Il montre l'homme ramené à sa condition fondamentale. Donc à l'angoisse devant la mort. Cet homme qui parle avec les accents du roi Lear est néanmoins notre contemporain. Il est tellement notre contemporain que son histoire - une existence qui a oublié ses limites - reflète exactement la célèbre « crise de la mort » qui secoue l'Europe de l'après-guerre. Le Roi se meurt n'est pourtant pas une pièce triste. D'abord, parce que l'humour n'y est pas absent. Ensuite, et surtout, parce que Ionesco propose les remèdes pour sortir de la crise. C'est également cela, une grande oeuvre classique, une leçon de dignité devant le destin.



 
Quelle bonne surprise cette pièce de théâtre ! ayant beaucoup pratiqué cet art en amateur, j'avoue pourtant ne pas être très attirée par la lecture de ce genre. Mais là, je me suis plongée dans cette pièce pour le challenge de Little-bit-dramatic et je n'ai levé le nez qu'à la dernière tirade. Quel texte et quelle mise en situation !  Ionesco, grand auteur roumain, casse avec force et brio les codes conventionnels du théâtre classique et nous apporte une note délirante et déjantée en abordant pourtant des thèmes profonds.

D'abord, pas d'acte, pas de scène, tout s'enchaîne, et sous la comédie, il fait naître la tragédie, car franchement l'histoire de ce roi Bérenger 1er qui est au seuil de sa mort, nous donne à réfléchir sur la vision d'un homme face à son plus grand tourment, d'abord il la refuse, puis peu à peu, il devra accepter l'impensable, l'inévitable, il perd la vie et le pouvoir, il perd tout...

extrait " Le roi - Quand elle est en danger de mort, la moindre fourmi se débat, elle est abandonnée, brusquement arrachée a sa collectivité. En elle aussi, tout l'univers s'éteint. Il n'est pas naturel de mourir, puisqu'on ne veut pas. Je veux être."

Chaque personnage au delà de son rôle apporte une symbolique à cette histoire, le roi c’est l’homme dans touts son humanité et son imperfection, ensuite, il y a ses deux femmes, La reine Marguerite, sa 1ère épouse, calculatrice et forte, elle raisonne,  puis Marie, sa 2ème épouse, plus douce et inquiète pour son roi, elle aime et enfin Juliette, la femme de ménage qui incarne le quotidien du roi, a qui il parle sans ambage. Enfin, pour compléter le tableau, on trouvera le médecin du roi confronté à l’impuissance de sa science et un garde, qui annonce les situations. 
Ce qui est remarquable, c'est que la mise en scène conserve un aspect très cérémonial comme il se doit dans une cour, et que les dialogues sont décalés et d'une légèreté étonnante parfois, dans un langage assez incongru... Cela donne une patte très moderne et démystifie le côté très mélancolique de la situation, rajouté à cela, nous avons des conversations qui paraissent naïves, on passe du coq à l'âne sans s'étonner, et franchement les réparties entre Marie et Marguerite sont excellentes !. Parfois même, le questionneur se répond lui-même en surenchérissant par d'autres questions, cette progression dans la langage est utilisée régulièrement et apporte un éclairage sur l'état d'esprit de celui qui parle.

extrait " Le roi - Je n'ai pas mal. Pourquoi aurais je mal ? si, un tout petit peu. Ce n'est rien ...

Les répliques paraissent simples, mais sont assez cinglantes et réalistes, elle dégagent beaucoup d'émotion et de vérité, malgré un habillage souvent ridicule. Il y a quelque chose de poétique et d'émouvant dans les sujets traités. Je ne connais pas bien le théâtre de l'absurde, mais je suis convaincue de son efficacité et retenterai l'expérience avec plaisir.

 
Le théâtre de l’absurde est un style de théâtre apparu au XXe siècle, à l'époque de la Seconde Guerre mondiale, qui se caractérise par une rupture totale par rapport aux genres plus classiques, tels que la tragédie ou la comédie. C'est un genre traitant fréquemment de l’absurdité de l’Homme et de la vie en général, celle-ci menant toujours à une fin tragique. L’origine de ce mouvement est sans conteste essentiellement liée à la chute de l’humanisme et au traumatisme causé par la Première Guerre mondiale. Ce mouvement littéraire s'est inspiré des surréalistes et des dadaïstes mais est radicalement opposé au réalisme.

Eugène Ionesco, Samuel Beckett, Arthur Adamov, Jean Genet sont parmi les auteurs de ces œuvres qui ont bouleversé les conventions du genre. Presque à la même époque, des auteurs de l'Europe de l'Est, hongrois, tchèques, polonais, bulgares, ukrainiens ou slovènes, créent également un nouveau théâtre jouant avec l'absurde et le grotesque.

L’absurdité des situations mais également la déstructuration du langage lui-même ont fait de ce style théâtral un mouvement dramatique à part entière. Ce type de théâtre montre une existence dénuée de signification mettant en scène la déraison du monde dans laquelle l’humanité se perd.

Théâtre de l'absurde. (2017, mars 14). Wikipédia, l'encyclopédie libre.

En 1961, Martin Esslin publie un essai où l’expression "théâtre de l’absurde" devient célèbre.


mardi 9 mai 2017

Petite soeur la mort - William Guy

Présentation de l'éditeur ( seuil) - Thriller
Traduction : Jean-paul Gratias

En 1982, David Binder, jeune auteur que son éditeur a convaincu d’écrire un roman de genre, s’installe avec sa femme – enceinte et réticente – et leur petite fille dans l’ancienne maison d’une famille de planteurs, à Beale Station, Tennessee. La demeure n’a pas bonne réputation : un fantôme cruel et facétieux en a tourmenté les occupants au début du XIXe siècle, persécutant plus particulièrement la jeune Virginia. Sur la propriété, la pierre tombale de Jacob Beale est éloquente : « 1785-1844. Torturé par un esprit. » Il semblerait que le fantôme ait été une dame, et qu’elle rôde encore dans les murs. Or David s’est laissé envoûter par le lieu… La vie quotidienne, et conjugale, des Binder va s’en ressentir, jusqu’au drame.

Le critique du Times a parfaitement résumé l’affaire : « Voici du gothique du Sud à son plus noir, imprégné d’atmosphère, étincelant d’éloquence, traversé d’éclairs d’un humour atroce.»
Né en octobre 1941 à Hohenwald, Tennessee, William Gay est mort le 23 février 2012 à Hohenwald, Tennessee. Dans l’intervalle, il a passé quatre ans dans la marine américaine, pendant la guerre du Vietnam, vécu quelque temps à New York, puis il est rentré au pays et a monté des cloisons de placo afin de nourrir sa famille. À la fin des années 1990, il a vendu ses premières nouvelles à des revues littéraires et a aussitôt été adoubé par ses pairs : Cormac McCarthy, Ron Rash, Barry Hannah, Tom Franklin et Donald Ray Pollock.

Merci à Babelio et au seuil pour m'avoir fait découvrir un roman de sa nouvelle collection  : le cadre noir.

 

Un bien étrange roman qui m’a happé dès les premières pages, l’histoire fait appel à de vieux fantômes qui sévissent dans un endroit tout à fait particulier, mais assez propice à ce genre d'évènements, imaginez une ferme perdue et abandonnée dans le fin fond du Tennessee, des écarts de températures important, on brule l'été et on gèle l'hiver, une végétation sèche avec quelques îlots de verdure où les crotales et les vipères pullulent ... et des grands chiens noirs qui apparaissent au détour des chemins pour disparaitre l'instant suivant... Bref de quoi vous faire frissonner !

Mais revenons au début de l'histoire ...


David Binder, jeune écrivain, se voit obligé d'écrire un roman « alimentaire » pour flirter avec le top des ventes, le roman Noir semble être dans l’air du temps ; David trouve enfin une idée en exploitant le filon de la maison maléfique, il se persuade qu' habiter une vieille demeure au passé mouvementé, lui fera venir l’inspiration et l'aidera à écrire plus vite ... prétexte un peu tiré par les cheveux pour sa famille, mais c'est aussi l'occasion de tenter un nouveau départ, d'autant que Binder va être papa pour la deuxième fois. Malgré les mises en garde de quelques personnes qui pensent le coin vraiment hanté, il décide quand même de louer cette vieille ferme abandonnée au passé sombre et violent.  L'écriture est longue à venir et finalement, l'écrivain va passer plus de temps à chercher des récits et des témoignages sur les occupants précédents. On va donc remonter à trois époques et sur plusieurs générations, en 1785, 1930 et en 1980, ces trois périodes se dévoilent sous forme de récits anecdotiques et vont éclairer le lecteur sur l'évolution de la malédiction subit par la famille Bell et Swan.


On comprend tout de suite que le personnage principal est cette demeure et ses alentours, ils dégagent des ondes malsaines et provoquent de véritables malaises. Notre jeune auteur est de plus en plus décontenancé par les lieux, en cherchant à en apprendre davantage, il dérive peu à peu dans un état dépressif, à la fois avec une certaine nonchalance et une violence cachée, ses proches s'inquiètent…
On ne peut s’empêcher de penser à Shining de Stanley Kubrick, le suspens et la peur sont là grâce à un cocktail de figures fantomatiques et d'apparitions animales. Et même si certains doutent de la véracité des événements, le surnaturel a sa place et les mécanismes d'écriture bien rôdés de l'auteur (du vrai) nous tiennent en haleine..


La densité de ce court roman revient surtout à l’atmosphère qui s’en dégage, elle est pesante et s’intensifie tout au long du roman. Le style est simple, on notera d’ailleurs que Mr Gay a souhaité que les dialogues soient sans aucune ponctuation et fassent partie intégrante de la prose. Cela ne facilite pas toujours la lecture, mais apporte une originalité au texte. Son choix est expliqué dans un avant propos intéressant, vous trouverez aussi une préface de l’écrivain Tom Franklin qui nous éclaire et nous donne quelques clefs pour la lecture de ce roman. Il nous prépare l'ambiance.


Une ambiance franchement bien rendue par un tas d’apparitions fantomatiques, mais le thème reste somme toute assez banal et le sujet éculé, en effet, la possession ou les histoires d'esprits vengeurs dans une maison hantée, nous ramènent à bon nombre d’histoires déjà lues et vues, il est bien traité ici, mais le petit bémol est que nous restions avec beaucoup d'interrogations, il nous manque des précisions sur ce qui déchaînent encore ces fameux esprits, et leur persistance a revenir perturber les nouveaux propriétaires, on reste trop dans l’observation, sans vraiment comprendre ce qu'ils attendent, enfin je dois bien reconnaitre que ça donne aussi un côté très crédible à l'histoire.

Je vous invite donc à vous faire votre opinion en découvrant ce petit coin de l'enfer où les forces en présence se moquent bien de nos frayeurs, et nous plongent, pour peu qu'on s'intéresse à leurs histoires, dans un perpétuel cauchemar  !

lundi 1 mai 2017

"Quelques instants de lecture" - Rendez vous proposé par MarieJuliet - Avril

LECTURES D'AVRIL  mises en images ....

Quelques instants de lecture est un rendez-vous mensuel, 

proposé sur le blog de MarieJuliet, qui se tient le 1er jour de chaque mois.

Son objectif est de partager nos photos de livres,
de moments de lecture, du mois passé, mises en scène. 



Un mois fructueux en émotion avec ces lectures....

 


 




 


dimanche 30 avril 2017

Miniaturiste - Jessie Burton

Présentation de l'éditeur ( Folio) - Histoire de vie - Histoire
Traduction : Dominique Letellier



Nella Oortman n'a que dix-huit ans ce jour d'automne 1686 où elle quitte son petit village pour rejoindre à Amsterdam son mari, Johannes Brandt. Homme d'âge mûr, il est l'un des marchands les plus en vue de la ville. Il vit dans une opulente demeure au bord du canal, entouré de ses serviteurs et de sa soeur, Marin, une femme restée célibataire qui accueille Nella avec une extrême froideur. En guise de cadeau de mariage, Johannes offre à son épouse une maison de poupée, représentant leur propre intérieur, que la jeune fille entreprend d'animer grâce aux talents d'un miniaturiste.
Les fascinantes créations de l'artisan permettent à Nella de lever peu à peu le voile sur les mystères de la maison des Brandt, faisant tomber les masques de ceux qui l'habitent et mettant au jour de dangereux secrets.

Merci à Livraddict et Folio pour ce partenariat !

 

Quel beau roman ! L'histoire est passionnante et méne avec brio la petite histoire et la grande car nous nous retrouvons à Amsterdam au 17e siècle. Contrée que je ne connais pas beaucoup mais j'avais quelques repères grâce à l'excellent film de Peter Webber, "la jeune fille à la perle".  J'ai également retrouvé dans ce livre, l'atmosphère des tableaux de Rembrandt ou de Veermer, et la visite de cette exposition à Paris ce mois-ci m'a aidé à me plonger encore plus rapidement dans les lieux décrits par l'auteur qui restent assez sombre et mystérieux.

Notre héroïne Petronella Oortman est très attachante parce qu'elle est très souvent perdue dans ce roman, elle se trouve catapultée en ville, dans un milieu qu'elle ne connait  pas, à l'ombre d'un mari qu'elle découvre et qu'elle ne comprend pas, et je vous passe les jalousies internes d'une belle soeur plutôt acariâtre et de domestiques discrets, surveillants dans un premier temps tout ces faits et gestes. La maison de Johannes Brandt, son mari, est donc l'endroit, ou va se dérouler en grande partie ce huis clos qui rend l'histoire intrigante et sombre, un endroit souvent chaleureux mais qui pourra soutirer des frissons d'incompréhension et de malaises. Il faut dire qu'après la galerie de portraits guère sympathiques qui entoure la jeune femme, le cadeau de "mariage arrangé" de Johannes va finir de la rendre sceptique sur sa propre santé mentale. En effet, il s'agit d'une étrange mais magnifique maison de poupée, elle est à l'identique de leur propre demeure et soulève bien des questions, surtout lorsqu'un mystérieux miniaturiste lui offre des objets et figurines pour animer cette petite reproduction de leur demeure... ces figurines semblent devancer le destin de chacun et s'animer dans le dos de Nella... Cette touche magique et fantastique est distillée tout au long du roman, et crée une ambiance particulière que j'aime beaucoup, et pour celles qui me connaissent, je dirai que l'ambiance m'a rappelé celle du treizième conte !
 

Jessie Burton a une plume très agréable et nous montre surtout des beaux portraits de femmes,  Nella, Marin, la belle soeur, très attachée à son frère et Cornélia, la servante dévouée partagent de terribles secrets qui vont les unir fortement pour le restant de leurs jours ... Il y a de forts et beaux moments qui donnent beaucoup de maturité à Nella, et ils nous livrent une jeune femme forte et aguerrie à la fin de ce livre. 

On apprend aussi beaucoup sur l'histoire de cette ville très puritaine, les règles de la communauté sont sévères, un peuple à la religion stricte qui s'associe à la politique pour faire régner la terreur face à certains faits sociaux comme l'homosexualité, le mélange des races, ou des désirs de maternité hors mariage, il faut filer droit à cette époque !  La rigueur et la moralité doivent être indéfectibles, et pourtant l'esclavage est d'actualité ...! On découvre aussi les enjeux de l'économie qui vous propulse tout en haut et peuvent, en l'espace d'une seconde, vous recracher tous en bas de l'échelle sociale. Nos personnages vont subir cette haine et souffrir de leur audace ...Mais, je vous laisse découvrir tout ça ...

Un très bon livre où les secrets ont la part belle, et se dévoilent au fur et à mesure, en plusieurs coups de théâtre. Tout est maitrisé, amené judicieusement et on s'attache aux moins aimables comme aux autres, car sous certains comportements se cache beaucoup d'humanité, ils se protègent tous des travers de leur société, mais elle finira par les détruire .... Ils ont tous leur croix à porter et notre petite fleur bleue de Nella devra s'accommoder de cela pour survivre. A découvrir absolument  !



Best-seller en Grande-Bretagne, Miniaturiste s'inspire d'une maison de poupée conservée au Rijksmuseum pour évoquer la Hollande du XVIIe siècle.

Maison miniature de Petronella Oortman au Rijksmuseum, à Amsterdam.

































"En découvrant la maison de Petronella Oortman au Rijksmuseum en 2009, Jessie Burton a tout de suite su qu'elle tenait là son sujet. "Tant de délicatesse et d'opulence m'ont fascinée", confie cette diplômée d'Oxford, comédienne de vocation - au théâtre et à la télévision -, assistante à la City par nécessité. Venue de Londres pour faire partager sa passion, d'une simplicité et d'une gentillesse confondantes, la jolie brune est intarissable: "A la fin du XVIIe siècle, ces maisons miniatures étaient très prisées des riches Hollandaises, mais celle de Petronella fut la plus fameuse, car la plus élaborée et la plus coûteuse. Tout le monde accourait pour l'admirer, même le tsar Pierre 1er est venu de Russie." A défaut d'en savoir plus sur sa propriétaire, qui, elle, n'est pas passée à la postérité, Jessie Burton a laissé son imagination galoper après s'être longuement documentée sur l'époque - quatre ans de travail. Son livre s'en ressent, qui restitue minutieusement une Amsterdam "brillante et boursouflée" selon l'expression de Johannes, ses hauts lieux, ses us, ses saveurs, ses odeurs. Et qui sonde au plus près son hypocrisie."
Informations tirées de l'express  

mercredi 26 avril 2017

Le livre de l'énigme 1 & 2 - Source des tempêtes - Bois D'Ombre - Nathalie Dau



Présentation de l'éditeur (les moutons électriques) Fantasy

Fait partie de la saga Le Livre de l'Énigme - Tome1 
Les ténèbres ont un cœur de lumière.
Je l’ai su quand j’ai vu l’enfant dans la tempête. J’ai entraperçu l’azur de sa magie étrange et intense, mon univers s’est métamorphosé. Moi qui me sentais si seul, si désespéré, j’ai découvert soudain pourquoi j’étais venu au monde : pour protéger celui qu’on m’a donné pour frère. Un frère pas tout à fait humain, pas tout à fait possible. Le protéger des autres et de lui-même : des décisions qu’il voudrait prendre afin de résoudre sa maudite Énigme. Car ce petit est doué pour se mettre – nous mettre – en péril ! Mais j’ai la faiblesse de croire que je suis plus têtu que lui.


Fait partie de la saga Le Livre de l'Énigme - Tome2
Les ténèbres ont un cœur de lumière.
Une abomination.
C’est ainsi que me voient les hommes.
Nombreux voudraient que je n’existe pas. D’autres rêvent de m’asservir, corps et âme. Même Cerdric attend de moi que je renonce aux robes bleues de l’Équilibre, car elles augurent d’un avenir trop dangereux.
Mon frère ignore ce que j’endure au Séminaire.
Mais, pour respecter l’Énigme et entrer dans Bois d’Ombre, il me faut en passer par là, et trouver de quoi conserver ma lumière.

Un grand merci aux moutons électriques
et à Book en Stock pour cette découverte


Une copieuse lecture que j’ai terminé avec beaucoup de plaisir, j’ai la sensation d’avoir ingurgité un gros morceau de fantasy noire qu’il me faut un certain temps pour digérer… Un récit qui interpelle et fait réfléchir sur des valeurs très actuelles comme la tolérance, la différence, l'homophobie ... et que l’auteur a transposé avec soin dans un monde imaginaire, car pas de doute, on est en pleine fantasy, magie, complot, prophétie, quête, aventure, tous les ingrédients sont là…

Cette version retouchée par l’auteur a déjà semble-t-il vu le jour sous une autre forme, aujourd'hui, elle est remaniée sous la forme de deux tomes : les deux premiers tomes du livre de l’énigme. 
Qui dit "énigme" en fantasy, dit souvent "prophétie" ! Alors encore une,  me direz vous ? ...
Et bien oui, l’intrigue est assez classique dans son ensemble et la quête de nos héros peut ressembler a une multitudes d’autres, mais la force de ce roman ne réside pas là, Nathalie Dau se sert de l’histoire pour développer une étude comportementale et psychologique très intense concernant des personnages dont elle imagine leur existence depuis très longtemps, selon ses propos chez Book en Stock.

Il est très difficile de parler de ce livre qui nous fait ressentir et passer par un bon nombre de sensations et de sentiments, un livre qui se lirait à deux niveaux, le premier degré plus superficiel dans le déroulement de l’histoire et de la quête des protagonistes, et le deuxième, basé sur la psychologie des personnages, qui est pour moi, beaucoup plus complexe, et qui nous pousse à aller plus loin dans les méandres de la conscience, et surtout de la nôtre, au final ! L’auteur étudie ses personnages au fur et à mesure qu'ils avancent dans l'histoire, sa précision à les décrire et sa faculté à nous faire percevoir le tréfonds de leur âme est touchante, humaine et très sombre aussi, il y a beaucoup de souffrance qui s'en dégage, peut-être trop ... ce qui m'a perturbé un peu parfois.

Cette histoire prend sa source dans le passé, on apprend ainsi que les mages bleus ont été éliminés soigneusement, mais il en reste un qui a survécu au massacre, et c’est sur lui que tous les regards vont se tourner : Kéral Asulen, déchu et exilé. Il donnera corps à une nouvelle prophétie, il sera celui qui donnera au monde décadent, un fils sauveur, un espoir …. tout cela rappelle des histoires bien connues … 

Le premier tome nous fait découvrir ce mage bleu et ses enfants, d'abord Cerdric, le réfractaire, puis Ceredawn qui semble l'élu. C'est par l’intermédiaire de ce demi frère Cerdric et de ses notes dans le Livre Blanc des Tirbald que peu à peu nous allons découvrir l'histoire de cette famille quelque peu maudite. Ceredawn ou Cerdric, deux demi-frères différents et pourtant inséparables… Le mystère de leur relation est bien maitrisé et la dureté de la vie et des sentiments nous rendent Cerdric très attachant, abandonné de son père, méprisé par sa mère, il est le vilain petit canard et c’est lui qui mène le lecteur dans cette première partie. La touche de la belle mère méprisante renforce l’ambiance déjà très sordide du lieu dit de Cassegrume.

Tout comme dans la deuxième partie, la force des émotions et l’étude des sentiments paternels et fraternels est excessivement ressassées relayant l’action au second plan, parfois peut être un peu trop, enfermant les personnages dans un carcan de sentiments exacerbés. De ce fait, le monde imaginé par Mme Dau, qui parait sans limite, manque à mon gout de détail suffisant pour le visualiser plus nettement, on aimerait en savoir plus sur les mages, les ordres et les religions, les habitants des mondes alentours ... Mais je sais que nous n'en sommes qu'au tome 2 !

La galerie de personnages et leur comportement est donc le point fort de ce roman, et l’auteur s’attachera toujours à nous donner mille explications, j’avoue mettre un peu perdue dans les démonstrations de puissance et de retenue de chaque individu, mais la plume est belle, ciselée, et nous ramène toujours au coeur de l'histoire principale. 
Ceredawn est le phare de ce deuxième tome, tout comme Cerdric est plutôt celui du tome 1, il est un mystère et un paradoxe à lui tout seul. Il brille aussi dans cette noirceur environnante. Autour de lui, les personnages sont déconcertants, imparfaits et donnent de la matière à l’auteur qui tout en nuance nous les dévoile à travers leur puissance et leur fragilité. J’ai un penchant certain pour le peuple des rives qui n’est pas épargné, mais les autres personnages ne le sont pas non plus, et que ce soit dans le tome 1 ou 2, chacun en prend pour son grade, la souffrance perdure et s’insinue partout, la violence aussi ! Mais heureusement la beauté et la poésie de certaines situations équilibrent la lecture.

Un livre que se mérite car la poésie sert une profonde intelligence dans ce roman, Mme Dau maitrise le sujet et même si elle dit se laisser guider par ses personnages, au fond, ils sont aussi les marionnettes par lesquelles elle délivre des messages. L’auteur prend le temps de peser les choses et il n’est pas si facile que ça d’ y rentrer et de s’y trouver bien. Il ne faut pas non plus laisser le livre de côté trop longtemps, et veiller à s'octroyer de longs moments de lecture pour investir son monde …
J’ai rongé mon frein quelque fois ayant envie d’un peu plus d’action, mais inévitablement le ronronnement de la plume revient et nous hypnotise, elle impose son rythme avec une écriture fluide, nous berçant parfois, elle sait aussi nous captiver par des rebondissements étonnants et ne ménage pas quelques coups de tthéâtre .... d'ailleurs .... C'est quoi cette fin !??  J’ai eu beau retourner 4 fois la dernière page … non non … On a pas idée de finir comme ça ! c’est cruel !  Alors le compte a rebours est lancé, et nous sommes beaucoup a attendre la suite ! je crois !